J’ai fait le Paris-Brest-Paris !

Quelle incroyable aventure !! Ca y est, je l’ai fait, j’ai fini le Paris-Brest-Paris en 88h29 ! (temps homologué).

Quelle épreuve, la plus dure de toute ma vie. Je comprends enfin le sens de « dépassement de soi », « tout donner », « aller bout de soi-même »… J’ai vraiment tout donné! La dimension psychologique pour un telle épreuve est je crois la dominante principale, même s’il ne faut pas négliger la préparation physique. Avec nos 4000km dans les jambes, on était un peu légers. Mais en tant que triathlètes, à ça on pouvait ajouter de la course à pied, une bonne préparation physique générale, un passé de sportif et d’ironman/woman.

Laissez moi vous compter l’aventure kilomètres par kilomètres…

Récupération des dossards.

Préparation du matos:

preparation matos pbp

Avant de partir on prépare un peu le matos. Il y a tellement de choses à emmener : Est-ce que ce n’est pas trop? Tout nous semble essentiel et inutile à la fois…Gels, veste de pluie, bombe aux huiles essentielles, chaussettes, cuissard, kit anti crevaison etc On re-vérifie les vélos une dernière fois, je n’espère qu’une chose : ne pas avoir de pépin mécanique !

Arrivée sur place, on s’imprègne de l’ambiance. Ca y est, on y est. Le Grand jour c’est demain. Il y a beaucoup de monde, on peut sentir la joie et l’excitation du départ. il faudra attendre encore un peu mais quelle ambiance! Les bénévoles sont souriants et nous félicitent déjà d’être au départ. Il faudra revenir demain pour en découdre…

20150815_171024

Jour J.

On partira dans les derniers.19h45, avant dernier départ. Il y a beaucoup de monde, on peut déjà voir les premières vagues s’en aller… il y a beaucoup de monde sur le bord de la route pour encourager les participants, on se croirait à un tour de France ! On comprend enfin la signification de nos lettres « S160 », je suis un S, cad une personne qui part à 19h45. les « R » partent à 19h30 et ainsi de suite… ça va nous aider pour la suite.. quand il faudra compter les heures, et qu’on voudra se rassurer.

dpart pbp

Je suis impatiente, j’ai vraiment hâte de partir, j’ai envie que le compteur démarre… Il y a beaucoup d’étrangers, peut être plus que de français ! 66 nations représentées, un monde fou venu de tous les horizons… Les asiatiques sont les plus « marrants », ultra équipés… Et tous ces vélos, couchés, debout, c’est vraiment trop drôle ! Il y a beaucoup d’italiens, ça me permet de reparler la langue la plus sexy du monde!

aerodorme pbp

On s’enregistre, fait vérifier les vélos, on attend un peu dans le sas de départ… On attend une petite heure et comme il fait déjà un peu frais, on opte pour les manchettes et genouillères.Ca y est on se met sur la ligne… Le départ est donné! Les premiers coups de pédales sont euphorisants! Tout à coup, on est pris de fous rires…. L’euphorie… et puis la 10aine de cyclistes que l’on voit déjà arrêtés à cause de chaine qui a sauté, crevaisons… c’est vraiment trop drôle au bout de 2km !

arche départ

L’allure est très rapide on nous l’avait dit, mais en partant dans les derniers on ne veut pas se retrouver seuls dans la nuit… Donc on suit, on gère mais on essaye de ne pas décrocher de groupes.

Il y a des gens qui appuient sur la pédale, je me dis qu’ils sont malades!

La nuit arrive, c’est vraiment impressionnant, toutes les lumières sont allumées, on se croirait presque en pleine journée, il y a tellement de monde et c’est très beau : on aperçoit la route au fil des lumières rouges et blanches. L’atmosphère est indescriptible… Il y a comme une espèce de communion entre les cyclistes… On échange des regards, des sourires, et puis beaucoup de bonheur. C’est le début et la fatigue n’est pas encore présente.

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Au bout de 100km, on croise un mec qui a posé des tables devant chez lui et qui propose du café et de l’eau pour les cyclistes. 1ère pause pipi, et comme on a décidé de ne pas dormir (ou pas trop) cette nuit, on profite du petit café. Quelle générosité! Beaucoup de gens sur le parcours pour nous encourager, malgré l’heure parfois tardive!

100km pbp

On enchaine les km assez facilement jusqu’àu 1er pointage. Là, on commence à ressentir la fatigue, mal aux fesses, au dos… J’avais oublié que le vélo c’était ça aussi… On décide de dormir 30mn. Après un bon petit déjeuner et un grand café, on repart. Les gens sont étalés dans la salle comme des clodos. On fera de même !! 🙂

On continue à avancer, on gère, on boit bien, on mange bien. Chaque point de contrôle est une récompense pour moi, pour manger !

310km.

Les kilomètres ne passent pas vite, c’est difficile de se dire qu’on va devoir faire 1200km… 1/4 du trajet est passé, la fatigue est déjà là, même si tout va bien! Sur le chemin, on croise une nana qui nous explique qu’elle met de la crème toutes les 2h pour les fesses, je me dis qu’on devrait vraiment faire pareil, au risque de ne pas tenir la distance !!! C’est sur qu’on a pas le temps de s’ennuyer entre les différentes parties du corps qui font souffrir… 🙂

gros ravito 300km

La nuit est longue.

La journée se déroule sans encombre. On est obligés de s’arrêter souvent pour remettre de la crème (sinon… à chaque fois on le sent passer!!) On se motive pour rouler jusqu’au prochain point de contrôle pour dormir dans un gymnase au chaud. On croise énormément de gens échoués sur les bords de route pour dormir ou faire des siestes. Certains sont même carrément sur la route : que c’est dangereux !!! Je ne les envie pas car je repense au brevet des 600km… On avait dormi sur le bas côté et ça avait été l’horreur… L’humidité, le froid, le sol dur, on s’était réveillé encore plus fatigués qu’avant. Donc je veux vraiment me coucher dans un lit de camps. Même pas grand chose, mais je veux être au chaud…

On roule jusqu’au bout, la fatigue est là… Et puis à cette heure là il n’y a plus grand monde sur les routes, les routes sont monotones… Il y a quand même quelques courageux qui restent dans le noir et nous encouragent avec ferveur ! Ou ceux qui gentiment nous laissent une table avec des bouteilles d’eau, petits gâteaux… Et le top, on a croisé des gens qui avaient laissé des tentes décathlon avec des duvets devant chez eux… C’était plus le moment de dormir pour nous mais j’ai trouvé ça tellement gentil ! Un cycliste m’a même raconté qu’un fermier proposait sa grange avec bottes de foins pour ceux qui le souhaitaient… génial!

A l’arrivée du point de contrôle, malheureusement, on doit attendre pour dormir, on perd beaucoup de temps. J’avais tellement hâte de pouvoir me coucher dans ce lit de camps… Je suis tellement déçue, car finalement on a eu très froid pendant ces 3h de sommeil… Il nous ont donné des draps tout fin…Bref, ça nous fait du bien mais c’est trèèèès dur de repartir. On a froid, faim, et on est fatigués… Je sais qu’il faut repartir car on a déjà perdu 5h sur ce point de contrôle… et que c’est déjà beaucoup trop.

L’avantage c’est que le soleil pointe le bout de son nez assez tôt, et que ça nous remet dans la course. Mon corps se sent mieux quand le soleil est là. Je pense que c’est physiologique, le corps a ses propres règles et je ne pourrais rien y changer.

On avance pas à pas, on s’est fixé comme objectif d’arriver à Brest avant 12h !La route est longue, les gens sur le bord de la route sont nombreux, on croise même une espèce de camionnette la musique à fond ! Ca nous booste c’est super ! Il y a toujours des gens sur le chemin, c’est agréable, on n’est jamais seul.

Arrivée à Brest, 619km.

Je crois que la portion la plus difficile fut celle entre Carhaix et Brest. Tellement longue. Tellement de dénivelé. Les bretons ne font pas dans la dentelle! De longues montées, de longues descentes interminables… On en a chié… Mais on a tellement hâte d’arriver à Brest et de faire un point à mi-parcours qu’on avance jusqu’au bout.

brest enfin

On s’arrête sur le bas côté à la rencontre des gens, de leur chaleur et d’un bon café. ça nous rebooste. On se fait même interviewer par l’organisation mais pas de temps à perdre, il faut repartir! L’arrivée dans la ville est très longue, il y a bien 10km avant d’arriver au point de contrôle. Quel bonheur d’être là bas !!! 40h, je me dis qu’on est bien… Et puis là un organisateur me dit « ne trainez pas trop quand même on perd en moyenne 10h sur le retour! » merde… j’avais pas pris ça en compte dans mes calculs.

On rencontre un jeune homme qui nous explique qu’il va abandonner.. Car il n’a pas l’équipement qu’il faut et qu’il commence a avoir des hallucinations sur le vélo… Apparemment, il y a des centaines d’abandons, et déjà des personnes hors délais…

A chaque point de contrôle j’ai très faim et j’ai besoin de bien manger. On ne se refuse rien, parfois un bon plat de pâtes, melon, carottes râpées, parfois un grand café, croissant, pain, confiture, yaourts… Là, on a droit à une bonne soupe de légumes, un bon sandwich, et surtout ne pas oublier le coca et le café qui font du bien! Toutes les heures, on essaye de s’alimenter avec des barres, des gels, des TUC, etc… En boisson, comme je supporte difficilement l’eau seule, je mets de la poudre isotonique pour bien m’hydrater.

arrivée brest

A Brest, il faut que l’on trouve une boutique de vélo car dans une descente, les lumières de Jmi ont sautées : on a plus rien pour la prochaine nuit !!! On s’arrête dans une boutique Giant sur le chemin, ouf, et c’est reparti !

Un ami doit nous rejoindre sur le parcours et faire une étape avec nous ! J’ai hâte qu’il soit là pour casser la monotonie des kilomètres! Les paysages sont magnifiques mais je n’en profite pas tellement, la tête dans le guidon je suis concentrée sur mon effort. On croise Peg à la sortie de Brest! Super, il nous accompagnera jusqu’à Carhaix sur une portion où il y a beaucoup de dénivelé! Les kilomètres passent vite, d’ailleurs notre moyenne horaire va grimper à une bonne vitesse sur cette portion… A l’arrivée, Peg nous avait prévu quelques jolies récompenses… crème anti douleurs, saucisson, il nous achète même un Mcdo et on se repose un peu sur un matelas improvisé bien moelleux! Que ça fait du bien !!!! Un grand merci encore !!!

avec peg

On lit les sms et les messages Facebook à chaque point de contrôle, rapidement je n’ai pas le temps de tout lire mais les encouragements font vraiment du bien. Les copains sont derrière nous !!! Un petit Jump pour louloute et c’est reparti…

jump pour louloute

KM 705.

A partir de là, je ressens une douleur dans la chaussure. Je me dit qu’il doit y avoir un frottement qui gène. Non rien. Fais chier, je sens que c’est une douleur qui pourrait m’empêcher d’aller au bout. Je décide de sortir le pied de la chaussure et de rouler le pied sur la chaussure. ouf, c’est moins douloureux et je trouve une position qui me convient. On arrive au point de contrôle suivant… Pas de médecin… Mais une podologue qui fait parti de l’organisation me dit que c’est une tendinite et elle me dit que ça va être dur d’arriver… Hors de question d’envisager d’abandonner ! Je me dis qu’il ne faut pas faire n’importe quoi mais je préfère voir un médecin et connaître tous les risques.

Les kilomètres sont longs, on roule de nuit, nos lumières ne sont vraiment pas bonnes. La mienne se met en mode « attaque » dès que le sol est rugueux ou en descente… Autant dire que c’est extrêmement dangeureux et qu’on est obligé de ne pas rouler trop vite. On essaye d’accrocher des groupes mais en vérité c’est impossible. A ce stade, difficile de trouver quelqu’un qui a le même niveau… Et avec ma tendinite, les côtes sont passées « cool cool ». Il va juste falloir être patient…

Point de contrôle 791.

Le médecin me confirme la tendinite. Il me dit que je risque la rupture du tendon si je continue. J’ai un peu les boules mais je veux continuer car la position que j’ai trouvé sur le vélo ne me fait pas trop souffrir… On va pousser plus loin et voir au fur et à mesure. Il me fait un strappe…

strap nul

Juste à la sortie du contrôle, je croise une italienne qui me dit qu’elle a une tendinite aussi, qu’on lui a fait un strappe et qu’elle l’a enlevé car ça lui faisait trop mal. Elle a opté pour une chevillière achetée sur le bord de la route dans une pharmacie. Après les premiers km, je comprends qu’elle a raison, ce strappe me fait horriblement souffrir. Je m’arrête sur le côté pour le déchirer ! Ouf, ça va mieux.

Le temps est clément (heureusement, le pied à l’air!), quelle chance on a depuis le début ! Pas de pluie, pas trop de vent, et pas trop chaud…

pedalage a l'air libre

Les nuits sont difficiles… Et il y en a trois à passer. On a bien gérer la 1ère. La 2ème on a pris 3h de repos, donc au moment de repartir, le soleil se levait, ça a été. Pour cette 3ème nuit, on avait décidé de prendre 2h, et j’ai dormi à la croix rouge pendant qu’ils soignaient mon pied. C’est vraiment dur de repartir. On a froid, on est fatigué.. Le soleil ne veut pas se lever et mon corps ne veut pas me laisser tranquille tant que le soleil ne sera pas levé… Il veut dormir. On lutte encore quelques 10 aines de km puis un bar tabac ouvert sur la route nous fait envie! Un grand café, une grande baguette de pain, confiture beurre.

dur dur

Les regards échangés avec les autres cyclistes en disent long : la nuit est difficile et ce café fait beaucoup de bien. Le gérant est un type amusant et généreux. Le moment passé ici nous booste, nous reprenons la route et le soleil se lève enfin. Le moment difficile est passé.

café recupp

On roule toute la matinée, ponctué par quelques pauses sur le bord de la route pour un café et quelques gâteaux… Les gens sont incroyables et d’une générosité !!! On a pas beaucoup de temps à consacrer ni beaucoup à donner… Mais on peut lire sur leurs visages leur bonheur de nous rencontrer. Ils ne sauront jamais à quel point ça nous fait du bien… et pourtant !

On trouve enfin une pharmacie, mon cou me fait souffrir j’achète une minerve pour le soulager et la pharmacienne me fait essayer tout un tas de chevillères. Mais rien ne convient. Tout me fait mal. Rien n’y fait, le pied sera mieux à l’air. Jmi en profite pour s’échouer sur le sol et dormir un peu. La nuit a été difficile pour lui…

922km…1010km…

km 922 coucou

Les contrôles sont de plus en plus loin les un des autres en terme de temps… On s’accroche. Il faut penser à bien boire… Difficile de bien s’hydrater et pourtant il ne faut rien relâcher. Psychologiquement c’est plus facile, on a déjà parcouru tellement de km ! Mon pied me fait souffrir mais je sais que ça va aller. Les médecins me soignent à chaque point de contrôle et je suis rassurée : aucun risque de péter le tendon. Juste de la douleur pendant l’épreuve et du repos après. On va le faire !!!

bobo endinite

L’ambiance est de nouveau incroyable. Après un moment passé dans le silence, les sourires fatigués… Nous revoici vers un moment de bonheur, les points de controles sont dans l’ambiance ! on a tous hâte d’arriver! Les bénévoles aussi sont d’une gentillesse… On sent beaucoup d’admiration et de compassion… ça nous fait du bien !

Sur un bord de route, on se laisse tenter par un café offert par des inconnus, un petit garçon d’une dizaine d’années nous propose le café, le sucre et les petits gâteaux, nous sommes comme des rois ! Il nous regarde avec de grands yeux ! Un australien qui passe par là accepte un café. Ce dernier demande s’il y a du lait. Le petit garçon, tout gêné n’en a pas… Il lui dit « je peux aller t’en chercher si tu veux? ». L’australien lui répond « c’est vraiment gentil mais ne t’en fais pas, c’est très bien ». L’enfant insiste et demande de l’argent à sa grand-mère et part comme une fusée en courant. Qu’est-ce qu’on a ri avec l’australien.. ce petit qui se donnait tant d’énergie pour du lait dans un café… Nous avons repris la route le cœur léger.

Mon compteur me lâche au bout de 1010km, les boules ! Il va falloir trouver une autre source de calcul pour savoir ou on en est… On passe Mortagne avec 10mn d’avance… ça va être chaud. On comprend qu’il ne va pas falloir chaumer sur le retour.  la nuit a été très longue, très difficile. Pas de sommeil, 1h à peine, du coup la nuit est encore plus longue et le soleil ne veut pas se lever. Pourtant on est pas large au niveau du timing. Mes yeux se ferment sur le vélo… Les groupes qu’on arrive à accrocher s’en vont car je suis obligée de faire des micro-sieste de 5mn pour me reposer. Je m’en veux car je sais quil faut qu’on avance mais mon corps ne veut pas et j’ai beau essayer de me forcer, les yeux se ferment tout seul… Je me fixe un objectif de 1 micro sieste par heure maximum et on va essayer d’avancer comme cela…

On envoie la sauce entre Mortagne et Dreux pour regagner du temps… C’est difficile et il pleut à torrent depuis ce matin, on est trempés, fatigués, c’est la fin, et on est anxieux car on veut arriver dans les délais.

Dreux 1165 km.

Il en reste 65, la dernière ligne droite. On a gagné 30mn d’avance mais le temps de pointer au contrôle, acheter un sandwich et un café pour me réveiller il est déjà 9h… On a déjà perdu toute l’avance mais ça devrait être suffisant pour arriver à temps sur la ligne d’arrivée. Faut pas chaumer !!!

Les 65km les plus longs de toute ma vie.

Comme on n’a pas de compteur, les km sont longs et laborieux. Il pleut toujours, on a même vu des mecs se ramasser avec la pluie. On regardre les cartons, il y a du « M », du « Y » aussi (des gens partis beaucoup plus tard que nous!!!), il y aura beaucoup de gens hors délais c’est sur… les visages sont fatigués, les regards amicaux « everything is okay »? les cyclistes essaient de vérifier que tout le monde est ok… un accident est si vite arrivé et les pertes de lucidités sont fréquentes.

Une dernière cote, laborieuse… Mon corps commence a me dire qu’il est temps d’arriver. Mon cou me lâche, les genoux me font souffrir… Mon dos me fait mal… Zut on a oublié de remettre de la crème assos…Putain qu’est-ce que j’ai mal. Je ne parle plus, je me met dans ma bulle. C’est ma technique à moi pour supporter la douleur. Sinon, c’est trop dur, je préfère penser à aller de l’avant, avaler les km… C’est très dur, au moment ou l’on croise un groupe de gens « combien reste-t-il » ?? le mec nous crie « aller c’est la fin 28km!! »… Et merde, j’étais sur qu’il restait 15km… La 29 ça va être beaucoup plus long… Il faut se reconcentrer et avancer…

L’arrivée est d’une extrème longueur, on a l’impression de faire 10 fois le tour de la ville(et donc de pouvoir arriver plus vite!!!), puis enfin le panneau « 10km arrivée » puis « 5km arrivée », on s’accroche… On croise un italien qui zigzague sur la route, il n’a pas l’air frais, ses propos ne sont pas cohérents… Un mec derrière a l’air de le connnaitre. OMG !

L’arrivée.

20150820_122022

Quel grand bonheur, quel soulagement !!! On l’a fait, on l’a fait !!!! On a passé la ligne d’arrivée, j’avais envie de pleurer… Les nerfs qui lâchent, la joie et la fatigue… Quelle grande fierté !!! Comment expliquer ce que l’on ressent? Une arrivée presque dans l’anonymat, au milieu de dizaines, de centaines de cyclistes… Rien d’exceptionnel, pas de médaille ou d’arrivée triomphante… Juste la pluie, une ligne d’arrivée symbolique… Mais on l’a fait, oh my god, on l’a fait… Tout se passe à l’intérieur, près du cœur… et je crois que la douleur est proportionnelle à la fierté dans ce cas précis…

arrivée enfin

On va profiter de tout ça, bien se reposer, se soigner et on va penser à la suite d’ici quelques semaines…

Un grand merci à tous ceux qui nous ont soutenus car sans vous l’aventure serait moins forte  !!!!!!!!

merci les copains

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23 réflexions sur “J’ai fait le Paris-Brest-Paris !

  1. DABILLY BRIGITTE dit :

    bravo a vous 2 pour la réussite de cette grande et belle aventure ,

    et merci de m avoir fait revivre mon aventure en vous suivant pointage après pointage et avec ce récit qui me rappelle exactement ce que j ai vu et vécu il y a 16 ans , rien n as change toutes ces personnes et enfants qui nous encouragent et nous portent jus qu au bout
    bises a vous 2
    brigitte

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  2. NMD dit :

    Bravo superbe motivation pour finir ce défi. Pour ma part j’ai également souffert dès le 300e km du tendon d’Achille. je me suis aperçu un peu tard que c’était du à une cale de travers. Je l’ai replacé mais la douleur m’a accompagné jusqu’à la fin. Résultat tendinite et 15 jours de repos 😀
    Nicolas S175

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  3. Mely dit :

    Comme je suis admirative… j’ai participé à l’organisation du départ sur SQY, c’était mon 1er PBP, mais pas sur le vélo, aucun mérite… mais tellement heureuse d’avoir partagé ces moments avec vous tous, cyclistes de l’extrême ! Encore bravo, respect, et vive le sport !

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  4. Sylviane Barras dit :

    Bravo Marion. J’ai participé aussi à cette incroyable aventure. Dommage qu’on ne s’est pas rencontrées, car j’ai vécu les mêmes emotions, les mêmes bonheurs et les moments durs aussi. Mais quelle satisfaction et fierté legitime d’être arrivée au bout.
    J’ai été tres touchée aussi par la générosité et les encouragements des gens au bord des routes, c’était juste incroyable. Merci à tous
    Sylviane M 011

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  5. claude chaussivert dit :

    Bravo pour le récit et félicitations pour la réalisation du PBP. C’est vraiment ce que l’on ressent sur cette route. Vous m’avez probablement doubler sur la route (R255). Malheureusement, moi mon tendon m’a obligé à abandonné à Mortagne car ce n’était vraiment plus possible d’appuyer sur les pédales.

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  6. cricri le cyclo dit :

    Salut

    je viens de tomber sur ton compte-rendu… J’en ai eu les larmes au yeux… Et pourtant, je dois t’avouer que j’ai terminé ma 3ème édition de PBP en 73h22… Donc je sais un peu ce que sais. Tu es un vrai exemple de courage, d’abnégation ET de détermination. Tu peux être TRES FIERE de ta réussite… Chapeau

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  7. ROBERT dit :

    Félicitations pour ce beau défi, on comprend mieux ce que peut signifier aller au bout du bout, mais on est loin d’imaginer dans la vraie vie comment se mêlent la joie et la douleur…
    qu’est ce que je suis venu faire ici, faim,froid, soif,fatigue mais volonté d’aller plus loin………… l’enfer et le paradis
    Un peu plus inquiétant votre passé dans le triathlon, vous n’êtes pas des novices et ça en rajoute encore au challenge à relever
    4 ans pour le préparer, j’imagine que les brevets 400 et 600 doivent déjà bien piquer
    l’enthousiasme au bord des routes me fait penser au jura, la forestière, même ambiance et belle galère pour certaines éditions
    Vous avez eu beaucoup de courage, bravo

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  8. Nicolas “Abdoujaparov” dit :

    Bonjour Marion,

    Je suis arrivé par hasard sur votre site via les Alertes Google Actus…comme quoi les nouvelles technologies peuvent encore « faire passer de l’humain en barre » !
    Votre récit résume tout l’esprit du Paris-Brest-Paris avec de l’humain avant tout dans ce voyage, d’une vie pour certain, vers le « Far West français et back » !

    Au niveau du sportif, ce périple fut pour moi un véritable test que l’on fait sur soi-même ! Après on sait ce qu’est d’aller au-delà de soi ; c’est une certitude ! Cela ne se fait pas sans souffrance mais si le mental suit et que vous n’avez pas de blessures ….c’est OK ! De votre côté, vous avez surpassé les blessures tout en unissant vos forces par le biais de votre couple ! Well done.

    Le Paris-Brest-Paris c’est une épreuve surannée qui rassure sur l’Humain. En effet, comme vous le narrez parfaitement, que de chaleur humaine tout au long du parcours de jour comme de nuit. Entre les bénévoles aux points de contrôle, les enfants qui vous tentent la main dans le moindre hameau et surtout l’accueil des anonymes dressant une table pour vous offrir un café, un gâteau, une boisson ou même the famous « galette-saucisse ».

    A bientôt et vivez vos prochains rêves sportifs avec autant de passion.

    Nicolas
    http://www.17tournants.com

    Ps : comme un lecteur précédent, votre récit a généré sa petite larme car cela m’a rappelé des souvenirs récents mais qui semblent « hors du temps ».

    J'aime

    • delasmarion dit :

      Bonjour Nicolas, désolée de n’avoir pris le temps d’écrire plus tôt. Pourtant votre commentaire je l’ai bien lu et il m’a fait bien plaisir. C’est tout l’esprit du sport… partager, discuter, échanger, progresser, cette chaleur humaine qui nous rend plus fort chaque jour. Merci pour votre message et vos souvenirs.

      Aimé par 1 personne

  9. laurent dit :

    Bonjour
    je découvre votre récit 5 mois après cette aventure qu’est le paris brest paris
    Après réalisé en 2011 ,en 2015 , je faisais parti des bénévoles à brest
    j’ avais eu la primeur des 600 premier kilomètres lors de votre halte à brest , à mis parcours , à la restauration lorsque vous cherchiez à recharger votre portable et je vous avais appris la règle des 10 heures supplémentaire pour le retour
    je découvre que le retour n’a pas été facile avec la tendinite , je suppose qu’à présent elle est soigné
    le paris brest paris est une superbe aventure humaine autant sur le vélo que dans l’organisation où j’ai pu prendre le temps de rencontrer les participants
    Bravo pour avoir su gérer et mener ce périple à son terme malgré les aléas de la fatigue et des blessures

    Laurent

    J'aime

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