J’ai fini mon 1er Ironman et quelle émotion !

Petit retour à chaud sur mon premier IRONMAN

Le samedi précédant la course ayant été pluvieux et très venteux, ma première réaction du matin a été d’aller regarder par la fenêtre de la chambre l’état de la mer. Ça bouge, mais ça reste raisonnable. La veille, c’était vraiment très agité, à la limite du nageable.

Rassurés, Jean-Christophe et moi allons prendre notre petit déjeuner au milieu des autres athlètes, ça parle pas beaucoup, ça commence à rentrer dans sa bulle à Callela ! Nous sommes plutôt calmes et détendus, et nous décidons d’aller au départ vers 7h15, sans précipitation. D’ailleurs, gros fou-rire à l’hôtel quand loulou se trompe et me dit «  Louloute va falloir y aller, on a encore les combis à gonfler et les vélos à enfiler »… Le ton était donné !

les loulousSur la route vers le départ, la musique résonne déjà. Callela est blindée de monde, athlètes, badauds, policiers. Le parc à vélo vrombit comme une immense ruche à ciel ouvert. Je suis émue une première fois. Je sens une larme couler sur ma joue. On y est. Les choses sérieuses peuvent commencer.

Une fois les vélos vérifiés et les combis enfilées, on sent que la pression monte quand même… Pas le temps de faire plouf, on est trop juste en temps. Nous devons rejoindre notre file de départ, celle des 1h05-1h10. C’est un départ au rolling-start, ce qui signifie que quand le départ est donné, les athlètes partent les uns derrière les autres et leur chrono n’est déclenché que lorsqu’ils passent l’arche officielle. C’est pratique et très confortable. 8h30. Départ des pros hommes. 8h35, départ des pros femmes. Dans 10 minutes c’est à nous. Mon cœur bat fort dans ma poitrine. Je serre les mains de Loulou, on se regarde une dernière fois, on s’enlace et on se murmure « A ce soir… A la finish Line ». Dans ma tête je me dis « Pourvu que j’y arrive… ».

Le coup de pistolet retentit ! Je perds Loulou dans la foule, j’avance et je me jette à l’eau. Elle est bonne mais une belle houle nous soulève et nous emporte, nous bouscule, à tel point que dès les premiers 500m, je bois une belle tasse salée. Il faut lutter sans cesse pour garder le cap, car on est vite emportés par le courant de côté qui nous ramène vers la côte. J’ai une bonne cadence et je me sens bien. Je prends mon rythme, car j’aime ces configurations de natation : 200m de zone de départ, une longue ligne droite de 1450m, demi-tour de 100m autour des bouées et longue ligne droite de 1750, pour finir par 300m de retour au départ. Dans la zone de demi-tour, un gars me gifle brutalement sans s’en rendre compte et m’enfonce la lunette dans l’œil. Impossible de continuer. Je dois m’arrêter et remettre mon bonnet et mes lunettes en place, je suis trop loin de la fin pour rester comme ça. Je repars un peu sonnée et surtout dépitée d’avoir perdu 1mn bêtement. Le retour sera du même acabit que l’aller : lutter contre la houle pour rester bien dans l’alignement des bouées, et éviter de percuter les autres qui ne vont pas très droit ! 1h08 plus tard, je sors de l’eau, heureuse d’en avoir fini avec cette première partie de la course et satisfaite de mon chrono. Le plus dur reste à venir. Est-ce que les heures d’entraînement vont payer ?

nage louloute

Je cours dans la zone de transition pour récupérer mon sac bike. Une tente lady m’attend, il n’y a personne dedans, le paradis ! Je me change entièrement et revêts les couleurs de mon club : le Triathlon Club Montalbanais. Fière, je récupère mon fidèle vélo et je sors du parc, gonflée d’énergie. Je sens de suite que ça va être bon. Les guiboles sont là, bien en forme, et les premiers kilomètres me donnent une banane d’enfer ! Les gens sont partout, ils crient notre nom, ils nous encouragent, mon cœur explose de bonheur ! J’ai vraiment vécu un immense moment de plaisir à traverser la ville. Le premier tour se passe bien, au demi-tour à Callela, je lève les bras pour inciter les gens à faire la Hola et ça marche ! Les bras se lèvent sur toute la portion de route, j’en ai les larmes aux yeux. Plus que la course, c’est l’interaction avec la foule qui est émouvante. On a l’impression d’être un héros pour une fois dans sa vie. Je croise Loulou deux fois sur le parcours, et ça aussi ça me rebooste à chaque fois. Je sais qu’il va bien, il sait que je vais bien, on vit nos épreuves à distance et tous proches à la fois. Il roule fort. Je sens qu’il va faire un sacré beau chrono.

calella louloute

Le deuxième tour est un peu plus dur, je commence à avoir mal aux jambes et au dos. Les bras me tirent un peu et surtout j’ai besoin de faire pipi. Heureusement Ironman a tout prévu et les ravitos sont pourvus de toilettes et de bénévoles juste EXTRAORDINAIRES qui s’occupent de me remplir les gourdes et de me peler la banane pendant que je fais pipi… Du sur mesure ! Je repars revigorée et je retrouve un irlandais avec qui je papote 2 minutes. Ce n’est pas grand-chose, mais ça fait passer un peu le temps qui commence à devenir long. A part quelques villages qui ont mis des musiciens sur le bord de la route, c’est quand même un peu monotone. Au kilomètre 111, je sais que c’est la dernière fois que je passe cette zone de Bip. Le petit bruit magique qui me rappelle que tous les copains sont là, derrière l’ordi, à vérifier le tracker. Je sais aussi que mes fils sont avec moi, fiers de leur maman.

Kil 120, je me prends un coup de bambou derrière les oreilles. Plus de jus. Pourtant j’ai suivi les conseils d’Olivier et de Loulou : boire tous les ¼ d’heure et manger toutes les ½ heures. Je décide de prendre un shot que j’avais judicieusement décidé d’embarquer dans la poche arrière. Ce booster me redonne la pèche quelques minutes plus tard et je me félicite encore de l’avoir pris. Je tiens bon jusqu’au kil 147, où je retrouve ma foule et ma Hola. Du pur bonheur !

velo louloute

Il reste un mini tour de 30 kil et c’est le retour vers Callela. Paradoxalement, j’ai trouvé ce mini loop long… Très long… ça pique, j’ai les jambes qui brûlent, le moindre faux plat montant ressemble à un col catégorie 1. Mais je m’accroche en regardant tous ceux qui sont encore loin derrière moi. Je me dis que je m’en suis bien sortie et que les jours les heures passées à s’entraîner portent leurs fruits. Je n’avais jamais dépassé 155 kil à l’entrainement. Je passe le bip des 177 fièrement et je retraverse Callela pour rejoindre le parc à vélo au milieu des gens enthousiastes. Encore la larme à l’œil à l’idée de me dire «  Tu l’as fait bordel ! Tu as roulé 180 kils après 3800 m de natation ! »

Quand je descends du vélo, mes jambes ressemblent à 2 troncs d’arbre. Impossible de courir jusqu’au parc, mais les autres aussi. Ça me rassure. Quelle solidarité entre les athlètes, on se sourit, on se comprend, on s’aide à trouver son sac run, on se fait de la place. Je n’ai jamais vécu autant de solidarité que dans cette course. A ce moment-là de l’épreuve, je ne sais pas que mon impression se renforcera encore plus sur le marathon.

course louloute

Je me change intégralement, et j’enfile ma super trifonction Wicked prêtée par mon amie Marion. Depuis le matin, je porte déjà la brassière Diamond Wicked qu’elle m’a offerte pour mon anniversaire. Quel bonheur de mettre des vêtements propres après autant de vélo. Je rejoins le bout de la zone de transition, avec une seule idée en tête : retrouver Jean-Christophe sur le marathon pour voir comment il va et le rassurer. Il saura que j’ai terminé le vélo et que tout va bien. Les premiers pas sont compliqués. J’ai du mal à trouver mon rythme. Il y a beaucoup de monde, on ne sait pas où se mettre, certains marchent déjà, d’autres sont derrière et nous pressent pour qu’on se pousse. Mais paradoxalement, je m’en fiche. Je suis déjà tellement contente d’en être là, que je ne suis plus à quelques secondes près. Je me cale doucement, je finis par trouver ma cadence et je croise enfin Loulou sur le retour de ma première boucle.

Ce marathon est constitué de 4 boucles, dont une partie est sur le bord de mer, blindée de monde, et le retour se trouve dans les terres ou sur le bitume intérieur, beaucoup moins peuplé. Mon homme va plutôt bien, il est sur le retour de sa 3eme boucle, il ne lui en reste plus qu’une après ça. Je suis heureuse pour lui et je finis ma boucle rassurée. Allez, encore 3 boucles… C’est là que mon estomac me lâche. Ça brûle, ça gargouille, j’ai la nausée et je ne peux plus rien avaler. Au ravito j’essaie de boire un peu de coca, c’est encore pire ! Je sens que ça va être long. Je vois plusieurs personnes qui vomissent dans les coins. Ça ne me rassure pas. Je finis le deuxième tour dans la douleur, je sais que ne remercierai jamais assez le public pour son enthousiasme et sa sincérité. Je me force à gober un gel avec un frisson de dégout et je repars pour entamer mon 3eme tour. Les jambes brûlent, le corps dit non mais la tête refuse de se plier. Je comprends tellement, à ce moment-là de la course, ce que signifie «  tout finir au mental ». Les gens continuent à m’encourager, certains m’offrent des bonbons que je refuse poliment, et d’autres me sourient avec une telle sollicitude que j’en suis bouleversée. Et là, toute la complicité entre tri-athlètes prend tout son sens. Il fait nuit maintenant. Passé le parc à vélo, on n’y voit plus rien sur certaines portions de route. Je rattrape un anglais, qui en est aussi au 3eme tour et nous parlons de tout et de rien. Il est sympa, il me propose un doliprane pour mon estomac, je préfère ne rien prendre. Je le lâche, car il marche à nouveau et je refuse de marcher à part aux ravitos. Je double une jeune fille qui a l’air de drôlement en chier, mais je n’ai pas la force de lui parler. On se sourit…

concentration louloute

Je rattrape un gars, qui me dit en anglais qu’il attendait que je le rattrape pour repartir, car il m’avait déjà repérée sur le 2eme tour. Il a l’air content, et il me claque la main en trottinant. De plus en plus de personnes marchent, et c’est dur de ne pas faire comme eux. Je suis tentée parfois, et j’avoue marcher un peu plus loin que le ravito, mais je me remets vite en mode course. La fin du 3eme tour arrive et je vois Loulou sur le bord de la route. Il a eu le temps de se changer, il est heureux de me voir et il me passe tous les messages envoyés par les amis, et mes fils. Ça me fait un bien fou ! Je sais qu’il reste un tour, plus rien ne peut m’atteindre. Je sais que j’irai au bout, coûte que coûte.

Au demi-tour j’entends le speaker qui crie « you are an Ironman » à tous ceux qui sont en train de passer la finish line. J’ai tellement hâte d’y être. Plus que 10kil. Les athlètes sont de moins en moins nombreux, mais il y en a plein encore derrière moi. On souffre tous, on a des regards qui en disent long. Chaque pas me rapproche de la fin. Je m’aide des panneaux indicateurs de distance, j’ai même plus la force de lever le bras pour regarder ma Garmin, de toutes façons on n’y voit rien. Kil 35… je compte ce qui reste… Kil 37 je passe le Bip… les copains sont là… je les sens tout près ! C’est mon dernier retour, la partie sur le bitume isolée et sombre. Des gars au bar me crient «  GOOOO smile Now !! You are going to be an Ironman ! SMILE » et la magie opère. Je souris, et ils ne savent pas à quel point ils m’ont aidée. Je pense à mes fils, à Loulou qui m’attend. Je vois le panneau kil40. Une grosse émotion m’envahit. Je veux la contrôler pour tout réserver pour la fin. La longue allée finale approche. Dernier ravito, je ne prends rien mais j’en profite pour remercier les volontaires, leur abnégation, leur gentillesse. Sans eux rien ne serait possible. J’entends le speaker au loin. Plus qu’un kilomètre. J’ai mal, ça tire de partout, tout fonctionne à la tête, comme une machine. Le corps, ça fait longtemps qu’il ne décide plus rien.

finish line clacl

J’y suis. Plus que 300m. Je savoure. Je lève les bras avant d’entrer sur le tapis rouge pour partager avec le public. Les gens crient « you are an Ironman », ils sont heureux pour moi, je leur souris et je sens leur énergie. Je m’engouffre dans le couloir d’arrivée, et là je décide de marcher pour profiter encore. Je claque des mains à droite dans les tribunes, à gauche, quelle magie ! un truc de fou…

incroyable louloute

Le speaker aussi me serre la main et je reprends la route vers la finish line. Mon nom s’affiche en rouge, oui, c’est bien moi, je suis UN IRONMAN en 13h38 d’effort, de douleur, de plaisir, d’angoisse et de bonheur… Je suis un IRONMAN après 6 mois d’entraînements, de frustrations parfois, de plaisir souvent, de partage et d’amitié, d’amour toujours et je suis tellement fière de moi… La médaille glisse autour de mon cou et toute l’émotion explose.

finish 2

Je pleure comme une madeleine dans les bras de mon amour de Loulou qui est là, fier et ému. Mon champion a bouclé l’affaire en 9h36…

Je suis un IRONMAN ! JE SUIS UN IRONMAN !!!!!!!!!!

Louloute

louloute

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6 réflexions sur “J’ai fini mon 1er Ironman et quelle émotion !

  1. Bravo pour ce récit. Il ma tiré la larme de l’oeuil. Preparant un Iron pour 2016, cest le genre de texte qui motive encore plus a se surpasser. Bravo a vous et votre mari.

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