Portrait : Fabulous Fab, une belle revanche!

Je vous présentais il y a quelques temps Fabrice ICI, dit « Fabulous Fab »… Et je lui demandais comment il était arrivé au triathlon, et qu’est-ce qui lui avait donné envie- à ce gros bébé de plus de 100kg- de faire un Ironman ?

Prenez le temps de lire son long récit, long comme une vie, mais sincère et généreux. Un long récit qui vous donnera des ailes, ou peut-être des envies de revanche.

Fabrice est le parfait exemple que nos motivations sont très personnelles, et qu’il est bon de les écouter pour s’épanouir pleinement! C’est également lui qui m’a fait découvrir le vrai sens du bonheur. Nous avions une petite gue-guerre à savoir qui ferait le meilleur temps sur l’Ironman de Nice… Je l’ai devancé, mais lorsqu’il m’a raconté son récit, je me suis rendue compte qu’il avait vraiment profité de l’instant présent, et que finalement, il était loin devant moi… c’est grâce à lui que j’ai pu profiter pleinement de mon celtman ! Alors Merci Fabulous Fab !

« Alors comme ça Marion, tu veux que j’explique comment et pourquoi on devient Ironman quand on est fabriqué pour être 1ère ligne de rugby?

Mon histoire

Pour faire court, il faut être frustré et revanchard. Pour faire long, voici mon histoire.

Je m’appelle Fabrice, j’ai 45 ans, Je suis marié à Edith, j’ai 3 enfants: Pierrick, Corentin et Mathéo, je mesure 1m80, je pèse un peu plus de 100 kgs et je suis Ironman.

fab trasnformation

J’étais un enfant obèse, introverti et timide avec des aptitudes physiques limitées, sous le joug d’une mère violente, sarcastique, dépourvue d’amour et intarissable sur mes perspectives d’avenir:  » t’es gros, t’es con, t’arriveras jamais à rien. Si tu pouvais aller jusqu’au BAC pour que je touche les allocs … ». Ces propos résument assez bien le fond de sa pensée. Je me suis toujours juré de lui prouver le contraire. Je veux pas la jouer Gavroche, mais c’est un élément déterminant de l’histoire.

J’avais du mal à m’épanouir dans le sport. J’aimais ça, mais je n’avais pas le « moteur », j’étais en surpoids et j’avais un mental de bulot. J’ai essayé de nombreuses disciplines sans succès jusqu’à ce que je me mette à la natation. Et là, miracle, je suis bon. Une bonne glisse, des temps plus que corrects et une grande facilité à nager le papillon. Quand le coach me dit que le club compte sur moi et qu’il compte me proposer pour un parrainage au conseil général, je prends peur. Personne n’a jamais compté sur moi, alors pourquoi maintenant? Je claque la porte et quitte le club.

Je sors de l’adolescence sur cet échec et les aléas de la vie m’endurcissent. Je ressemble plus à un voyou qu’au gendre idéal, j’apprends à me battre  au propre comme au figuré. Puis je découvre mon premier vrai sport: Le tennis de table (s’il vous plait, ne riez pas). Il va sans dire que ce n’est pas le sport le plus physique du monde, mais c’est un sport de confrontation. Un type en face et il faut le battre. Je me découvre des qualités mentales que je ne soupçonnais pas; un vrai guerrier qui ne lâche rien et se bat jusqu’au bout avec un caractère de cochon (il fallait compter deux ou trois raquettes par saison cassées sur des accès de colère). J’ai officié durant treize ans pour arrêter quand je commençais à perdre plus de matchs que je n’en gagnais. C’est à peu près à cette époque que ma mère décretta que j’étais vraiment un fils de piètre qualité et qu’elle ne voulait plus me voir. J’ai alors décidé de vider toute la haine que j’avais dans le cœur pour le remplir de l’amour que je porte à Edith et à mes enfants; et d’effacer les douloureux souvenirs pour les remplacer par des perspectives de bonheur.

Quelques temps plus tard, une entorse très sévère me faisant souffrir le martyre m’amène à consulter un traumato qui me conseille le vélo pour la rééducation. Je m’entends encore lui répondre: « Ça va pas non? Vous savez comment c’est dur le vélo? » Mais je m’y suis résolu et je me suis très vite convaincu d’une chose: le vélo, c’est pire que l’héroïne, c’est une drogue dure. J’intègre le club de cyclotourisme que mon papa (Un homme exceptionnel) a fondé et qui répond au nom si sudiste, si occitan et si chantant de « Los pompilhats de Falguières ». Allez les nordistes (tous ceux qui habitent au dessus de Cahors), cherchez moi ce que veut dire Pompilhat. Je me révèle assez rapidement bon rouleur et, bien évidemment, piètre grimpeur. La facilité devenant de moins en moins ma marotte, je décide que ma première cyclosportive sera « L’Ariégeoise » avec le terrible plateau de Beille au dessert. j’ai appris ce jour là ce que c’était que dépasser ses limites et j’ai vraiment adoré ça. je suis revenu plusieurs fois sur cette épreuve et entre le fameux plateau et moi, on peut dire que c’est: « je t’aime moi non plus ».

Approchant sévèrement de la quarantaine, je me laisse aller franchement. je fume 3 paquets de cigarettes par jour et je n’ose même plus monter sur ma balance. Je décide de me reprendre et j’entame un sevrage tabagique. c’est un succès mais par contre, les kilos explosent (130 kgs au jarret) jusqu’au moment ou mes genoux disent stop. Mon médecin m’intime de perdre 40kg, il me suffira de six mois pour y parvenir, une métamorphose. Je prends un plaisir incroyable sur mon vélo et je me mets même à courir un peu. Je me souviens encore de ma première course: « la corrida de Montech » que je pliai en 59mns. Moins d’une heure. Je sais, cest piètre mais j’étais si fier.

fab course

Ma rencontre avec Eric

Des rencontres peuvent changer une vie. pour moi, il y en a eu deux. Nous sommes en vacances en Sardaigne et en face de moi , au petit dèj, se trouve un homme avec un T.Shirt de finisher du marathon de Paris. J’engage la conversation: « Joli T.Shirt, vous courez beaucoup?-En fait, je fais du triathlon » me répond il. LE TRIATHLON !!!!!! Y a t’il sport plus fascinant? nous discutons longtemps, mes yeux brillent, je bois ses paroles, je me nourris de ses récits et en sortant de table je dis à ma chère et tendre: « Je vais faire du triathlon ». La semaine suivante, j’ai repris le boulot (J’étais chauffeur laitier chez Lactalis) et je dois vider mon camion à une laiterie à Toulouse. Je sais qu’il y a un gars qui fait du vélo la bas, j’ai même discuté deux ou trois fois avec lui. quand je le vois je lui demande comment s’est passé sa saison et il me répond : » en fait je me suis mis au triathlon ». Ce soir là est née une amitié forte, puissante et sincère, ce soir là j’ai rencontré « Maître Yoda » (En fait, il s’appelle Eric mais il est aussi grand, aussi fort et aussi sage que Yoda, donc ….). En tous les cas, c’est décidé, je serai un triathlète.

Je prends ma licence au « Triathlon Club Montalbanais », un club où il fait bon vivre, où on se sent bien. Se remettre à nager n’a pas été simple mais au final, la technique est revenu et même si je ne suis plus le nageur que j’étais, ce sera suffisant. le vélo, pas de problèmes mais courir … c’est plus compliqué. On fera avec. Je découvre le plaisir de s’entrainer quatre à cinq fois par semaine.

Je deviens triathlète!

Mon premier triathlon, ce sera le M de Carcassonne. J’aurais pu commencer par un S, mais je trouvais ça trop facile … quel con !!!  Ce tri se présente comme suit: 1500m de natation en lac (no problémo), 40kms de bike avec 600m de D+ (oups) et 10 kms de course à pied que je pensais plats (GROOOOSSE erreur). Objectif: moins de trois heures. Au départ, mon pote Patrick, avec qui je suis parti et qui me parraine magistralement, me calme, me conseille et me motive. j’entends la corne et GO !!!! C’est parti pour devenir un triathlète!!! Je nage comme j’ai rarement nagé et je sors de l’eau en 25mns, génial. Le parcours vélo est dur, mais je donne tout. Je m’arrache dans les bosses, je prends des risques dans les descentes et je me finis sur le plat. au final, 28,5 de moyenne. inespéré. pour la course à pied, c’est différent. dès le premier km, c’est dur. ça monte, ça descend, et je me rends vite compte que le parcours se rapproche plus d’un trail que d’une course classique. Je souffre mais je refuse de marcher. Comble du comble, des soucis gastriques viennent se rajouter aux réjouissances (heureusement, il y avait des toilettes sur le parcours). je viens quand même à bout de cette course avec Patrick qui vient à ma rencontre sur la fin « Accélère !!! accélère!!! Tu peux passer sous les trois heures !!! » me crie-t’il. Résultat, 2h59

fab carcassonne M

Ça y est, c’est fait, je suis officiellement un triathlète. Je ne suis pas très gaillard après la ligne, je vais pudiquement vomir et faire mon petit malaise à l’abri des regards (une réaction physique à laquelle il faudra malheureusement que je m’habitue). J’appelle Edith et « maitre Yoda » (Qui m’avait déjà mis en une de l’équipe) et c’est alors qu’il me rebaptise. Je serai désormais pour beaucoup « Fabulous Fab ». C’est peut être un surnom un peu prétentieux, mais ce n’est pas de moi et surtout, j’adoooooooore.

azan président

Il faut maintenant être ambitieux et définir un objectif digne de ce nom pour cette année 2014. L’Ironman me fait encore peur et je voudrais gravir les marches progressivement. Un copain m’a parlé d’un triathlon de fou qui se passe dans les Pyrénée, à la station des Angles: « l’Altriman ». je vais voir sur le site web le programme pour la distance half Ironman. 1900m de natation dans une eau à moins de 14°, 90kms de vélo avec quatre cols et plus de 2000m de D+ et 21kms de course à pied avec des pentes à plus de 14%. Un vrai truc de malade, surement pas fait pour mon gabarit. J’adhère et j’adore, je m’inscris !!!

Je m’inflige une préparation digne d’une prépa Ironman. Je pars grimper toutes les cotes que je connais par chez moi, je vais faire plusieurs sorties cols dans les Pyrénées et même l’ariégeoise, qui autrefois était mon objectif de saison, est ramenée au statut d’entrainement.

Je remets la trifonction à Mimizan pour un S par équipe et un M le lendemain lors d’un week-end mémorable avec les copains du club. Pour la course à pied, étant donné l’état de mes vieux genoux, je prends le parti de m’entrainer sur le plat. Ce serait dommage de se blesser avant la course. J’en profite pour me tester à deux reprises sur la distance semi-marathon à Blagnac et à Montauban avec mon pote Pascal . pour la natation, une séance de 3000m par semaine suffira.

Le 12 juillet 2014 je prends donc le départ de cette course de fou, objectif moins de 8h. mon papa et Michèle, ma belle mère, sont là pour me supporter. je vois dans les yeux de papa un mélange d’admiration et de crainte, mais je suis sur qu’il est fier de moi. c’est un moteur supplémentaire. Je vais nager un peu pour m’échauffer et pour gouter l’eau, OH P….N QU’ELLE EST FROIDE !!!!!! Là, je commence à m’inquiéter. C’est inhumain, ça paralyse, ça fait peur. Faudra faire avec. J’entends la corne et c’est parti. C’est bizarre de voir que quand on sait pourquoi on est là, on accepte tout. Je ne sens plus le froid, je nage en m’appliquant, en cherchant la glisse. Je suis là pour atteindre mon objectif et ce sentiment gomme les souffrances (du moins pour l’instant). Je sors de l’eau en 35mns, c’est parfait. En courant vers le parc à vélo, j’entends la voix de papa qui m’appelle. Je me retourne ,lui souris en levant mon pouce. Il est fier, je suis heureux.

fab nage

La météo étant plutôt fraiche, la transition est longue. Il faut s’habiller et c’est parti pour un long périple montagneux.

Dès les premières pentes, je suis vite rassuré. Les jambes sont là, elles répondent et honnêtement, je prends un pied du tonnerre. Le premier col est facile et passe très vite. Le second est déjà plus ardu mais je gère parfaitement mon effort, je ne m’emballe pas et conserve l’allure prévue. Je commence à voir quelques concurrents défaillants. Je les plains sincèrement mais , mine de rien, c’est une motivation supplémentaire. Je sais que j’ai fait le job à l’entrainement, ça va le faire. Le troisième col se passe dans la continuité et j’attends avec impatience le quatrième et la fameuse cote de « Carcanières » par laquelle il débute. trois kilomètres entre 14 et 18%, légendaire. On arrive en bas de la descente et avant de tourner à gauche, je mets mon plus petit braquet. La cote de « Carcanières » ne prévient pas, ça démarre cash à 18%. Pas moyen de rester assis sur la selle, le vélo cabre. c’est parti pour 3kms en danseuse. Honnêtement, le sentiment qui me reste de ce moment, c’est la surprise. La surprise de la facilité avec laquelle je passe. Je dépasse de nombreux concurrents qui sont à la peine et je me remplis de confiance. Après ces 3 kms dantesques, il en reste quand même une dizaine à 8 ou 9% pour venir à bout du col puis 20kms de routes roulantes pour rejoindre le parc à vélo. Je boucle le circuit vélo à 20km/h de moyenne, exactement ce que j’avais prévu. Papa et Michèle sont là et m’encouragent, ça fait chaud.

Reste maintenant le plus dur, un semi-marathon de folie sachant que je suis quand même fatigué et que je reste un piètre coureur à pied. Les premiers kms passent pas trop mal, les jambes sont lourdes mais pas de crampes à l’horizon, c’est pas si mal. Arrive la première cote, sur sol instable, et là ça fait mal. Je ne veux pas marcher, je reste sur de la course, lente certes, mais de la course. Je force, je force, je souffre puis je regarde un peu autour de moi, tout le monde marche. Je comprends que, de toutes manières, le succès passera par l’économie. je prends le parti de marcher dans les cotes, courir sur le plat et essayer de gagner du temps dans les descentes en se laissant gagner par la vitesse. Le moment le plus cruel, c’est quand on passe devant la « finish line » alors qu’il reste 15 bornes à courir, et les plus dures qui plus est, avec ces fameuses rampes à 15%. au quinzième km, arrive le coup de « moins bien ». C’est compliqué, je n’envisage pas l’abandon une seule seconde, mais je crains la défaillance. Je décide de ne plus courir pendant deux ou trois kms pour récupérer. Au 18ème, j’ai un peu récuperé et je reprends la course sur les parties plates. Je commence à m’ennivrer du parfum du succès qui me tend les bras. Il ne me reste que la longue descente jusqu’à la ligne mais c’est limite pour passer sous les 8h. Je me lance dans un sprint endiablé sur 1,5km, manquant même de tomber à plusieurs reprises. Quand j’arrive, le visage empli de larmes de joie, vers la salle ou se trouve la ligne d’arrivée. Je serre les poings et les dents, je hurle ma joie et je passe cette ligne en 7h59.

je m’arrète devant les arbitres en trottinant sur place, ils notent mon numéro de dossard et me félicitent : »Bravo finisher ». Je monte sur l’estrade, lève les bras au ciel en affichant le sourire le plus radieux qui soit pour la photo, papa et Michèle sont là, mon beau frère J.Claude, qui habite dans les environs, les a rejoints et tous les trois m’applaudissent. Je suis heureux. Une bénévole me dit alors : »C’est fini, bravo ». C’est dans ces moments là que l’on comprend le pouvoir de l’esprit sur le corps. L’esprit a donc dit stop, et le corps a tout laché. Les larmes de joie sont devenues des larmes de détresse, les jambes ont vacillé, le discernement s’est mis en congé et je me suis effondré. Une binouze après les soins qui s’imposaient a fini de me requinquer. Je suis finisher!!!! Et une nouvelle une de l’équipe par maitre « Eric Yoda »

Je veux faire l’Ironman de Nice

Ca, c’était fait. J’avais bouclé le half le plus dur du monde. L’étape suivante c’est obligatoirement la distance reine, L’Ironman: 3,8km de natation, 180 de vélo et 42,2 de course à pied, le graal. Je veux une course digne, mithique, légendaire. C’est décidé, ce sera Nice en 2015. Objectif 13h30. La très bonne nouvelle, c’est que nous serons treize du club à relever le défi dont mon ami, mon maitre yoda qui a déjà bouclé l’épreuve lannée précédente.

fab copais du club

La décision étant prise depuis peu, mon téléphone sonne, c’est Fabrice mon président (un Fabrice chauve est obligatoirement quelqu’un de bien).

-J’ai appris que tu t’étais inscrit à Nice, qui est ce qui te suit ?

-Eeeuuuhh, ma femme, mes enfants ….

– Mais noooon, qui est ce qui t’entraine?

– Aaahh … pardon Fab, personne. j’ai récupéré un plan d’entrainement que je vais adapter.

– Si tu es d’accord, je te propose de te coacher.

Je n’arrive pas à y croire. Fab est un coach d’une grande compétence et surtout un ami. Je n’aurais jamais osé lui demander ce service et c’est lui qui me le propose. Bien que je me sente très illégitime dans son offre, j’accepte bien évidemment avec enthousiasme. J’ai toutes les cartes en main, y’a plus qu’à.

La prépa est un peu plus compliquée que prévu. Il faut dire que, dans mon enthousiasme et malgré les conseils des potes, je n’ai pas observé de coupure et l’organisme commence à fatiguer. Les sensations reviennent malgré tout petit à petit et l’alchimie recommence, que du bonheur.

le dimanche 25 janvier, le programme de Fab prévoit une heure de vélo souple après un très gros enchainement la veille. Je sors donc mon vélo du garage et me rends compte que la route est blanchie par une couche de givre. Au lieu de mettre le vélo sur le home trainer, en bon abruti que je sais être par moment, je pars rouler en me disant que ça ne doit pas glisser tant que ça. Résultat: chute, entorse du poignet droit, fracture du poignet gauche, six semaines de coupure et quelques kilos de plus.

fab chute

Cette chute et la coupure qui s’ensuivit auront bien évidemment un impact sur la performance. Je reprends cependant l’entrainement avec la ferme intention de devenir un Ironman coute que coute.

La course de préparation sera le half de Lacanau le week end du 8 mai qui sera l’occasion de passer quelques jours en famille tout en participant à une belle course. nous y sommes nombreux du club, je boucle la distance sans trop de problèmes et le grand moment est le passage de la ligne avec mon petit Mathéo qui est aussi fier et heureux que moi.

Après cette course, il me reste un mois et demi d’entrainement qui se passe sans problème majeur et le jour J approche.

Arriver à Nice est déjà une épreuve étant donné les circonstances. Pour faire court, la voiture tombe en panne et nous passons la journée à galoper, piétiner, stresser etc etc ….. En fait, tout ce qu’il fallait éviter. Je suis sur que tout ceci a aussi eu un impact sur ma performance.

Arrive le samedi et là, ça y est, je touche mon rêve du doigt. Le matin, je vais récupérer mon dossard. L’endroit est incroyable, des triathlètes de partout, c’est immense, c’est grandiose, c’est magique. je reviens au logement pour préparer le matos, manger et partager ces grands moments avec la famille et Fred avec qui je partage la loc. l’aprés midi, avec Edith, nous allons poser le vélo au parc et nous retrouvons les copains.Là, je fais un caprice, Je suis dans le parc en train de poser mes affaires quand quelque chose me chiffonne. Je vais voir Edith qui est de l’autre côté du grillage, et je lui dis: » Je veux une casquette Ironman pour la course à pied ». C’était idiot et absurde, un caprice de gosse que je ne saurais même pas expliquer. Mon amour ne montre aucun agacement et me répond: » pas de problème ». Elle part en courant à la tente ironman store qui est à près d’un km et revient tout aussi vite avec une magnifique casquette ironman jaune fluo que j’arborerai fièrement sur le marathon. S’ensuit un grand moment de partage et d’enthousiasme. On rigole, on s’encourage, on se conseille, c’est génial. je retrouve surtout Eric « Yoda », « c’est toi qui m’a amené ici, merci mon pote. »

La nuit est longue, pas moyen de dormir, tant pis. A trois heures, debout, le petit dèj a du mal à passer mais il faut bien manger … Les sentiments se mélangent, entre la peur, l’envie, l’excitation, je ne sais plus trop où j’en suis. C’est parti, direction la prom. La présence de ma chérie me fait du bien. Elle a toujours su me rassurer, me donner confiance, évacuer mon stress. Je rentre dans le parc, fais ce qu’il y a à faire, enfile ma combi et me dirige vers la plage en suivant le mouvement. Je retrouve Fred sur la plage. nous avons choisi le même sas. Nous ne nous parlons que très peu, l’émotion est à son paroxisme. Je veux cracher dans mes lunettes, mais je n’ai plus de salive. Je suis obligé de boire un peu d’eau de mer pour pouvoir m’exécuter. Je cherche Edith du regard mais ne la trouve pas, c’est dommage. A ce moment là, contre toute attente, je repense à ma mère. Le sentiment de revanche est toujours là. Je vais te montrer qui je suis devenu. Je suis prêt.

fab nice avant

mon pote Eric…

Je crois que je n’ai même pas entendu le signal du départ. Tout le monde est parti, j’ai suivi. Je commence à nager, la bousculade est terrifiante, une vraie machine à laver. Après la première bouée, il y a plus d’espace et je peux poser un peu mieux ma nage. C’est long, très long mais au final, je sors en 1h15. C’est exactement le temps que je visais.

fab nice nage

Après une longue transition, je pars pour 180 pitons de vélo. Je me lance sur la promenade des anglais, le rythme arrive vite et ça a l’air d’aller. Mais juste après arrive une petite côte de rien du tout, et là, je peine. Je me dresse sur mes pédales pour relancer, rien à faire. C’est clair, les jambes ne sont pas là. Je comprends vite que la journée va être longue. On m’avait annoncé le col de l’ècre comme pas trop dur, c’est surement vrai quand on est en forme, mais pour moi vu mon état, c’est un calvaire. Je prends mon mal en patience et je continue d’avancer en gérant l’effort au mieux. Sur le retour face au vent, je retrouve quelques forces et j’ai même l’impression de pouvoir appuyer très fort sur les pédales. Je n’en fais rien, je garde un rythme correct mais j’ai trop d’experience pour me flamber sur une simple impression ce jour là. Je reviens sur la promenade avec des doutes plein la tête quand j’entends un énorme « ALLEZ PAPAAAAAA ». C’est mon fils Pierrick qui m’encourage à s’en époumonner avec Jennifer son amie, Mathéo et Edith. ils hurlent et gesticulent tous les quatre. Les doutes sont balayés par cette image et désormais je sais que ça va aller au bout. La fatigue ne peut pas venir à bout de tant d’amour.Je boucle le vélo à 23km/h de moyenne, bien loin de l’objectif que je m’étais fixé qui était 26, mais avec une motivation décuplée.

vélo nice fab

La transition est longue et compliquée. Les crampes ne sont pas loin et je prends tout mon temps pour éviter les mauvaises surprises. Je pars pour la course à pied sous une chaleur accablante pour courir un marathon que je voudrais boucler en moins de cinq heures. Ce qui est génial à Nice , c’est que le parcours du marathon se compose de quatre aller retours. On croise donc les copains qui courent aussi, on voit souvent la famille et les amis supporters. Ce fut d’ailleurs un des grands bonheurs de cette course, les amis. Ils sont tous là: Pascal, Sylvie, Loulou, Julien, Christelle, Marie, Chloé, Nathalie et tant d’autres … et surtout, « Super Coach Fab ». Oui, il est là, il est venu nous supporter à tous, et c’est un énorme atout de bénéficier de ses conseils et encouragements. Pour revenir à la course, honnètement, les dix premiers kms se passent plutôt bien. Je cours lentement, mais je vais bien. je profite de chaque ravitaillement pour m’aspaeger abondament et pour marcher un peu, comme convenu avec Fabrice. Puis, tout se brouille. Je fatigue et je commence à réfléchir à l’envers. je calcule en permanence pour savoir où j’en suis par rapport à la barrière horaire de 16h qu’il ne faut surtout pas dépasser sous peine de disqualification, et j’en arrive à la conclusion (erronée) que si je reste sur ce rythme, je finis en 15h55. Lorsque je croise ma petite famille, je ne leur souris même pas. Je leur baragouine que je n’ai que cinq minutes de marge, mais étant donné mon état de fraicheur et mon élocution certainement brouillé, ils ne comprennent pas. Ce qui est sur, c’est qu’à ce moment là, j’allais droit dans le mur. Je croise alors Fabrice

– Comment tu te sens Fab?

– Ca va pas, j’suis short délai !!!

– Hop là, arrète toi et marche qu’on discute.

fab nice finish

A ce moment, Fab m’explique que j’ai déjà parcouru la moitié de la distance, que je suis à 12h de course et qu’il me rest 4h pour courir le second semi. Jai comme l’impression que je jouais avec des cubes dans le désordre et que tout d’un coup, tout se remettait en place. A partir de là, j’alterne course à pied et marche. Je sais que l’objectif de 13h30 est mort, mais je sais aussi que dans quelques heures je serai Ironman. Le passage de la ligne reste un moment incroyable. Je hurle, je lève les bras, on m’applaudit, c’est magique. je vois les copains et la famille, je m’arrète et je leur cris : »JE SUIS UN IRONMAN, JE SUIS UN IRONMAN ».

Je repars passer la ligne, c’est fait, on me passe ma médaille autour du cou, j’ai bouclé l’épreuve dans le temps assez piètre de 15h14’29 » mais à jamais, je suis un IRONMAN, et vous savez quoi? je n’ai même pas envie que ma mère le sache. Je n’ai plus ce sentiment de revanche. Je suis juste heureux de vivre ma vie et de baigner dans l’amour de ma chérie et de mes enfants.

ironman nice fab

fab nice

Fabrice »

 

Publicités

Une réflexion sur “Portrait : Fabulous Fab, une belle revanche!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s