J’ai fait l’ironman de Vichy par Sophie!

Voici deux semaines maintenant que j’y étais, sur ce beau challenge de l’année, mon premier Ironman.

Un départ en fanfare le vendredi soir juste après le travail, une magnifique vidéo de mes proches et d’amis qui ont su me faire sourire, pleurer mais qui m’ont aussi donner beaucoup de forces.

Un samedi très stressant, ou je repensais à tous ces mois écoulés, ces efforts, ces heures d’entrainements, les moments de doute, de crainte mais aussi de joie et de partage.

Le dimanche arrive enfin, ce fameux 28 août 2016 que j’attendais avec impatience. Une nuit plutôt courte et beaucoup de doutes sur le départ, pas de combinaison, une journée qui s’annonce certainement très chaude, il faudra tenir ! Arrivée sur le site, gros coup de stress, j’ai oublié ma puce au gîte ! IMPOSSIBLE ! Moi qui n’oubli jamais rien, j’oublie la puce le truc qu’il ne faut pas oublier !! Je sors mes affaires en catastrophe et je cours vers les arbitres… OUFFF rien de grave, j’ai même l’impression de ne pas être la seule, j’obtiens donc une seconde puce assez rapidement.  J’ai juste le temps d’aller voir le vélo déposé la veille, pour vérifier que tout est ok, et direction le SAS de natation.

Tout le monde stress plus ou moins, ce sans combinaison est la conversation du jour. On se regarde tous avec beaucoup d’émotions et une pointe d’anxiété. Je regarde ces bouées et bien sûr ayant déposé mon cerveau à l’entrée du site je ne comprends plus rien au parcours à réaliser… pfff La catastrophe. Nous attendons un certain temps avant de partir, et je vois enfin ce SWIM START, nous partons par vague de 3 nageurs. Une fois dans l’eau, mon stress s’évapore complètement, elle est plutôt bonne, pas agitée et je suis entourée de nageurs. Wouahhh je me sens bien je pose directement ma nage, et là je nage je nage et je nage. Je me raconte des histoires, je m’imagine déjà sur le vélo, je me dis même que je me débrouille plutôt bien car je double des nageurs… Une première ! La sortie à l’australienne arrive enfin, j’ai déjà fait la moitié, je jette un coup d’oeil à ma montre, je suis à moins d’1h, Génial !

 

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J’ai la forme et j’attaque cette deuxième boucle, je vois de plus en plus de nageurs brasser, je suis toujours plutôt bien avec le crawl je continue donc sur la même vitesse sans m’énerver et en gérant au mieux l’effort pour ne pas trop me fatiguer. J’entends de plus en plus le micro, la musique, je lève la tête je viens de passer la bouée des 3000m, j’y suis, j’ai presque terminé, quel bonheur ! Je sors enfin de l’eau après 1h50 je regarde dernière et je vois encore de nombreux nageurs. Wouaaahh pour une fois je ne suis pas dernière de l’eau incroyable, ça me fait oublier mes douleurs aux bras et le fait que mes jambes soient déjà un peu entamées.

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J’attaque le vélo à 2h02 de course, génial, je suis dans mes temps. C’est parti pour une balade de 180km. Le parcours est roulant, je m’alimente immédiatement car la natation m’a creusé. Je rattrape quelques coureurs puis je trouve mon rythme. Je pense à bien manger, bien boire comme me l’avait dit Michel, bon malheureusement je me rends compte que le sucré ne passe plus très rapidement… Au bout du 50ème km les barres et compagnies ne sont plus les bienvenues. Je décide donc de commencer mon salé alors que je l’avais réservé pour le 100ème km. Bon tant pis.

Je vois ces kms défilés et je commence à me faire doubler par des « avions de chasses » hmmm je crois bien que ce sont ceux qui terminent leurs deuxièmes tours. Wouah impressionnant, j’entends des « aller Sophie » « courage » … Je trouve ça super sympa ça me donne des forces. J’arrive enfin à la fin de ma première boucle, j’aperçois au loin des têtes connues, Paulette, Françoise qui crient mon prénom, ensuite Tony et Caro, puis la dream team Pepette Marion et Arnaud qui me montre un poster avec ma grosse ! Que d’émotions à ce 90 km ! Je laisse couler une petite larme, moi qui ne pleure jamais, c’est la folie aujourd’hui ! Wouahhh bon aller il va falloir se reprendre Sophie tu n’as fait que la première boucle.

J’entame donc la deuxième boucle et je retrouve les mêmes vélos, on va d’ailleurs faire ce chemin tous ensemble, on se double puis on se redouble, plutôt sympa comme jeu. Arrivée au 140ème km, je commence à avoir un coup de mou, ça commence à être long quand même. La première partie était alimentée par la stress grâce à des temps de passage à respecter mais étant donné que j’ai une petite d’heure d’avance, je me repose un peu

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Je vois enfin le panneau 160km, plus que 20 km super, j’arrive à la fin, je réfléchie au chemin parcourus, ces 180 km de fait, sans défaillance du vélo, pas de crevaison, pas de réel coup de pompe de ma part, bon sang que je suis contente de moi et fière de les avoir fait. Je m’étais toujours dit qu’une fois le vélo déposé, c’était une évidence que je le terminerai cet Ironman. J’arrive à la fin, j’aperçois les culs tout blanc de la dream team…ils doivent en dire des conneries, j’en rigole toute seule.

Je dépose enfin le vélo à 6h58. Coooool je suis encore dans mes temps. Je suis donc à 9h de course donc 1h d’avance sur la barrière horaire de 10h. Je me dis que je suis large. Je prends un peu de temps à la transition 10 min environ, je veux partir à peut près fraiche sur la course. Je prends le temps de me changer entièrement, de passer ma tête sous l’eau et surtout d’aller à mon premier pipi room de la course. Je me sens presque toute neuve, malgré le fait que mes jambes soient complètement HS.

Je ne panique pas, des transitions vélo et course à pied j’en ai fait à gogo, je connais donc la sensation que je vais avoir et les douleurs qui ne vont pas tarder à arriver.

Je commence à courir, j’ai vraiment les jambes dures. J’oublie ce petit détail et je repense à ma stratégie, courir doucement, faire des petits pas régulier et surtout INTERDICTION de marcher à part aux ravitaillements. Les règles établies dans ma tête, je cours, je suis surprise beaucoup de personnes marchent, je regarde leur bras, 1, 2 et parfois 3 chouchous. La chance ils sont déjà sur la fin, bon j’avais qu’à faire un meilleur vélo au lieu de me reposer sur le fin !

Du coup je passe mon temps à doubler, des chouchous, je rencontre aussi des sans chouchous comme moi, c’est cool je me sens moins seule. J’arrive aux ravitaillements, ouff j’ai soif, arr. zut j’ai oublié de prendre ma gourde… tant pis je prendrai de l’eau à chaque ravitaillement, je fais des réserves de fruits, et surtout de TUC, ces TUC me sauvent la vie. Je fais souvent le bilan de l’état général dont je me sens, j’ai mal aux jambes mais je ne suis pas blessée je n’ai pas de douleurs insupportables, je connais ces douleurs mais bon sang c’est dur. Je croise presque tout le long du parcours du monde, c’est génial, les bénévoles sont super et aux petits soins, ils nous encouragent, nous félicite.

Arrive bientôt la fin de la première boucle, je n’ai toujours pas croisé la dream team, je commence gentiment à pester contre eux, je me demande ce qu’ils font et pourquoi je ne les ai toujours pas croisé alors que j’arrive à 9km de course. J’aperçois une descente qui va me casser les jambes…pas loupé et là j’entends mon prénom ! Enfin les voilas !! Ils sont là, ça fait du bien de les voir. Ils m’encouragent, me disent que j’ai une super allure, bon je me dis qu’ils se moquent de moi, car je suis carrément au ralenti, mais bon ils sont gentils. Je continue et j’arrive enfin à l’arche du 10km, quelle ambiance il y a !! J’ai même le droit à un petit message personnalisé de cochonou ! Merci louloutte!

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Et hop j’ai mon premier chouchou ! ahahah Que je suis contente, j’entame la deuxième boucle qui se passe plutôt bien, toujours la même allure. Et zouuu deuxième chouchou, 3ème tour en avant !

Aie aie, je commence vraiment à avoir mal, ce n’est plus musculaire, mes genoux me font souffrir et une douleur sous le pied. N’importe quoi ces douleurs. Je me remonte le moral comme je peux, je me dis que ces douleurs font uniquement parties de mon imagination et que je n’ai pas mal. Tordue quand même la nénette, mais je n’ai pas mal, et je ne dois pas m’arrêter, même si je n’ai qu’une envie c’est de m’arrêter. Non non on attends les ravitaillements. Nous sommes de moins en moins nombreux sur le parcours, je croise même des personnes qui ont moins de chouchous que moi et qui marchent, je les encourage, il ne faut pas lâcher si prêt du but.

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Je me demande ou en sont les copains de Fontenay. Si ils ont terminé ou pas, j’espère qu’ils vont bien. Enfin le 3ème tours se termine, ahahaha j’arrive donc à mon 3ème et dernier chouchou, je dis donc au revoir aux bénévoles, car elles ne me verront plus! Je suis super contente ! J’arrive aux ravitaillements, j’ai comme l’impression de les connaitre depuis un certain temps, ils me disent eux aussi au revoir et me félicite. Génial. J’arrive au 33ème km et là je fais un petit calcul dans ma tête et je me dis que la ligne est loin encore tout en étant proche. Je n’ai plus rien dans les chaussettes, j’ai a peut près mal partout, le dos, les épaules, le cou, les jambes, les bras, enfin partout. Je ne sais même pas comment j’arrive encore à courir toujours à petit pas mais je cours, c’est toujours ça de gagner. Le petit démon en moi me dit de marcher un peu, car ça me ferait du bien de marcher, mais non je ne dois pas l’écouter, si je marche en dehors des ravitaillements je suis fichue. Les kilomètres défilent tellement doucement que je me demande même si il n’y a pas une défaillance sur ma montre. Je vois enfin un panneau 36 km…et non ma montre fonctionne bien. Bon je me rebooste, je pense à la ligne d’arrivée qui est bientôt pour moi. Comment vais-je réagir? Vais-je pleurer? Est ce que mes proches m’ont suivi aujourd’hui? Après toute cette prépa j’y arrive enfin ! Et dire que certain pensait que je n’y arriverai pas, finalement j’y suis sur la fin ! À force de me raconter des histoires, je pense plus à rien, et les kilomètres défilent, j’arrive enfin au pont, je sais donc que je suis à 3km de l’arrivée. J’entends le micro, j’entends la musique, j’entends des applaudissements. Un gros courant d’émotion passe dans tout mon corps, j’en frissonne, mes yeux se remplissent une nouvelle fois de larmes. J’y suis maintenant, plus rien ne peux m’arriver à 3 km de l’arrivée. Dernier ravito, je ne m’arrête même pas, et je dis aux filles que j’ai terminé!

J’arrive sur ce tapis et je prends la direction de la finish line ! Ce n’est pas possible, j’y suis arrivée, je m’arrête, je tape dans des mains, j’aperçois la dream team, je vois Benoit qui a donc terminé. Plein de choses dans ma tête arrivent en même temps. Ca commence du : putain bordel je l’ai fait, au wouahaa je vais encore pleurer, je suis une Ironwoman, après tous ces efforts, ces sorties vélo interminables sous l’eau, le vent, le froid, la chaleur…J’y arrive…après ces heures passées au lac à nager à lutter contre mon incapacité à nager comme je l’aimerai, j’y arrive… Bon sang j’y suis ! Je pense à mes parents qui n’ont pas pu venir mais qui m’ont laissé un beau message vidéo… mais surtout je pense à mon frère, ma famille au Portugal, mon dieu qu’il serait fière de moi de me voir passer cette ligne d’arrivée. Je les ’imagine me prendre dans leurs bras et me dire : tu l’as fait Sofia tu l’as fait !! Je les vois même, mon imaginaire reprend le dessus et j’ai l’impression de les voir et de passer la ligne d’arrivée avec eux.

On me met la médaille autour du cou, je m’arrête enfin de courir, je ne sais plus trop ou je suis, mais je sais que je suis heureuse et que ma place est là. Je l’ai fait et je l’ai fait en 14h09.

On m’indique la salle de ravitaillement, et là un vrai festin m’attend, je reprends peu à peu mes esprits. Je vois Benoit qui me prend dans ses bras. On retrouve enfin tout le monde. Ca fait du bien de les retrouver. Je suis sur une autre planète. En allant récupérer mes affaires, je me refais le film de cette journée, le bilan est là, c’était une belle journée, j’ai adoré, j’ai pris un plaisir énorme et indescriptible. Je remercie les bénévoles encore présent, pour leur bienveillance, l’un d’entre eux me pose une question très intéressante. Il me demande pourquoi une jeune femme comme moi « s ‘inflige ça » . Plutôt étonnante comme question. Je réponds naturellement que lorsque l’on est passionné on est prêt à tout, la passion et l’amour n’ont aucune limite, seulement celle que l’on se donne. Je ne me suis rien infligée, j’ai au contraire passé une merveilleuse journée.

Je suis sûr aujourd’hui qu’il n’existe aucune limite à part celle que l’on se donne. Tout est possible à partir du moment ou l’on se donne les moyens d’y arriver.

Merci à tous, merci pour tout, merci d’avoir cru en moi, merci de m’avoir encouragée.

Sophie Evangelista

 

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