La bonne voie…

Lorsqu’on me demande pourquoi j’aime tant courir, pourquoi je le pratique tant d’heures… Je réponds toujours « il y a des gens qui peignent, d’autres qui font de la musique, moi je cours ». J’ai l’impression que c’est mon moyen d’expression. Il est essentiel de trouver son moyen d’expression, là où l’on puise toute son énergie.

Lorsque je vais courir, je me recharge, je me retrouve, je me ressource. Je ne suis rien, je suis infiniment petite, je me sens vivre, je me sens en harmonie avec la Nature.

Jeudi dernier je suis allée courir à Mervent, et la nuit est tombée rapidement. Je me suis retrouvée dans le noir, dans un petit chemin, j’avais déjà passé l’arbre remarquable depuis longtemps et je pensais pouvoir retrouver mon chemin en revenant en arrière. En fait, je n’ai pas reconnu là où j’étais. Arrivée à un petit croisement, je ne savais pas où aller. « Ecoute ton Instinct Marion, il te dira où aller ». Perdue et brouillée, je prends finalement à droite… Je cours quelques centaines de mètres, puis 4 biches me coupent la route et s’arrêtent pour me regarder. Mon cœur bat à 1 000 à l’heure, et je me sens chanceuse de vivre cet instant là. Je me dis que je ne vais pas dans la bonne direction, et fais demi-tour. Mon cœur a failli exploser. Comment la Nature peut-elle être aussi belle, et nous humains pouvons nous être aussi durs, et vivre tant de souffrances?

En fait, la Nature est simplement. Elle ne demande rien, ni ce qui est bien, ni ce qui est mal. Elle est juste parce qu’elle est, simplement. Nous foulons son sol, nous faisons partis d’elle. Nous sommes la Terre. Nous sommes reliés à tous les animaux, tous les arbres, connectés par la Terre. Nous devons prendre soin d’elle parce que nous devons prendre soin de nous.

Courir est mon moyen d’expression. Courir me régénère. Courir m’apporte la paix, la connexion avec la Vie.

Courir me permet aussi, le temps d’une sortie, d’oublier notre monde. Celui qui ne se réjouit pas des réussites des autres. Celui qui met les gens en compétition alors que nous devrions combler nos carences mutuelles. Nous sommes tous différents, alors nous avons tous une mission différente à apporter au Monde, chacun étant un rien dans un Tout, apportant sa petite part du boulot, à son échelle.Pourquoi ne pas se réjouir des réussites ou des petits bonheurs des autres, de nos amis, notre famille?

Et alors pourquoi courir en compétition ? J’ai beaucoup couru pour gagner, être la 1ère, ramener une énième coupe à mes parents. Une énième coupe dont ils se moquaient.Je crois que j’ai toujours voulu entendre qu’ils étaient fiers de moi. C’était peut-être ma manière à moi de leur demander. Plutôt que de dire « papa, tu es fier de moi? », je courais pour gagner, revenir avec la coupe, leur montrer. Je n’ai jamais voulu écraser les autres, je voulais juste qu’ils me remarquent et qu’ils m’aiment.

En fait, ils n’étaient jamais venus me voir courir jusqu’à l’Ironman de Nice où j’ai insisté. C’était trop important pour moi. Il fallait qu’ils soient là, pour comprendre, pour le voir, pour m’aider.

« Oui, oui, c’est bien. Mais bon, la journée était longue pour nous, on s’est un peu fait chier ».

En fait, on attend la reconnaissance de quelqu’un lorsque l’on fait ça. Et puis finalement, on va chercher sa reconnaissance personnelle, sa libération personnelle. Pour se libérer, enfin, un peu, de tout cela. Ne plus courir pour son égo, c’est essayer enfin de s’affranchir d’un truc qui ne viendra pas. Parce que les autres font ce qu’ils peuvent, avec ce qu’ils sont, avec leur mode de pensée, leurs activités favorites, différentes des vôtres. Heureusement quelque part, pour la diversité.

Il faut apprendre à s’affranchir de tout cela, et réaliser qu’on ne court plus pour son égo, on court pour son Soi, et on court pour autre chose parfois, pour la maladie, pour la Vie, pour les autres. Et la course n’a plus la même saveur. Plus de pleurs, plus d’orgueil éphémère. Est-on vraiment meilleur parce qu’on gagne une course ? C’est un cercle sans fin, on revient toujours à la case départ. Alors qu’une course pour le bonheur d’être, dénuée de toute attente, même du résultat, c’est enfin se libérer d’une valise. Il en reste encore 50 à ouvrir et trier mais c’est pas grave. Il faut juste être sur la bonne voie. La bonne Voie. La bonne Voie……

A voir absolument :

Brice Delsouiller, un vacher à l’assault des Pyrénées.

Merci à Sébastien et Jean qui m’ont tous deux envoyé cette vidéo. Sur qu’elle me parlerait.

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5 réflexions sur “La bonne voie…

  1. Bertrandj dit :

    Très bel article, dans lequel il est facile de s’identifier à bien des niveaux. Le reste, c’est ce magnifique reportage … de loin à ce jour le plus authentique et sublime que j’ai pu voir. MERCI

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  2. Amande dit :

    « Il faut apprendre à s’affranchir de tout cela, et réaliser qu’on ne court plus pour son égo, on court pour son Soi, et on court pour autre chose parfois … Plus de pleurs, plus d’orgueil éphémère. Est-on vraiment meilleur parce qu’on gagne une course ? C’est un cercle sans fin, on revient toujours à la case départ. Alors qu’une course pour le bonheur d’être, dénuée de toute attente, même du résultat, c’est enfin se libérer d’une valise. »

    C’est si joliment écrit, si juste, si vrai & sincère.
    Merci d’être ce que tu es.
    Love you ❤

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