Niort-Biarritz à vélo ! 400 km de périple !

Retour en images :

Cette idée traverse ma tête en regardant mon agenda le mercredi… Je veux retourner à Biarritz et sentir l’odeur de la mer, revivre l’intensité des montagnes. Mais voilà, je veux y aller en vélo. Après un rapide coup d’œil sur l’application Google maps…. oops ! 400km environ pour descendre jusque Biarritz…. Chiche ?! Oui ! Ce projet me met dans une telle joie, en quelques minutes seulement, je me dis qu’il faut que je le fasse, à mon rythme, et que cela va être une belle aventure. Je vais partir en solo, sans assistance, avec tout ce qu’il faut pour réaliser ces 400km à vélo !

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Je trouve un covoitureur au retour qui accepte d’emmener son porte-vélo. Tout semble avancer dans ce sens, les signaux sont positifs, banco ! Je vais faire Niort-Biarritz à vélo ! Petit coup de fil à Destination Vélo… « heu… tu peux me faire une petite révision du vélo? Je pars à Biarritz à Vélo ce weekend! »  Ouiiiiiii dispo ! Je reprendrais mon compagnon de route le jeudi, tout neuf et prêt à arpenter la route des lacs!

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Le vendredi, je suis sur-excitée, je n’arrive pas à me tenir au boulot… Mon collègue me demande « Alors, tu fais quoi ce week-end? » et je lui parle de mon projet… « Mais tu es folle !!!! » Oui, un peu, une folie saine, une folie douce.

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Une bonne dose de pâtes bolognaises, et me voilà en route ! 14h PAN ! Je prends le départ.

Je ne peux pas décrire ce sentiment tellement puissant de Vie qui m’anime à ce moment là! L’espace de quelques secondes, je me mets à pleurer de bonheur, d’être à la bonne place et au bon moment, d’être simplement ce que je suis, nomade, aventurière, femme, …tout s’aligne. Je ne triche pas avec moi quand je fais tout cela et je vais pouvoir ouvrir mon cœur à moi-même. Je pars seule, je vais être seule et je vais pouvoir être face à moi-même pendant ces quelques heures.

Je suis trop heureuse, trop bien, trop contente de partir sur mon biclou !

Il faut dire que le temps est parfait, le soleil m’accompagne… Je me perds rapidement ici ou là, malgré ma carte et les indications que j’avais noté. En fait, il manque surtout des panneaux de signalisation. Je dépasse Epannes, Mauzé, et après un petit tour pour rien, je retrouve la D911 direction Surgères.

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Il faut dire que je n’ai pas bon sens de l’orientation, et que je suis absorbée par ma respiration, alors je ne fais pas trop attention au reste. Ce qui m’inquiète c’est surtout de chopper le BAC (ferry) pour rejoindre le Verdon… Sinon, il faudra que je fasse un gros détour de quelques 80 km… Heureusement, ça roule quand même pas mal et aux alentours de 18h30, je rejoins le ferry… Youpi ! C’est un merveilleux coucher de soleil qui m’accueille ! Je vais en voir de belles, je suis sure ! Le voyage s’annonce bien.

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Une petite pause au chaud, je me restaure un peu et les voyageurs me demandent avec curiosité où je vais. « Biarritz? Ce soir? Mais tu dors ou? ». J’ai l’impression d’être un point noir sur un tableau blanc. « Je dormirais quelques heures en chemin…. » Les gens sont amusés.

Normalement, on me dit que tous les restau sont fermés au Verdon… Mais juste à la sortie du ferry je trouve mon bonheur. Le restaurateur me sert une immmmmmmense assiette de riz/lentilles. Je crois qu’il a envie que je prenne des forces pour ce soir! Je les remercie, et file dans la nuit, il est 20h.

J’ai une chance immense, ce soir c’est la pleine lune et elle m’éclaire admirablement! Presque pas besoin de lampe dis donc! Les premiers coups de pédales en pleine nuit sont géniaux, c’est le silence. A part les arbres et moi, il n’y a personne… Quelques biches me coupent la route ! C’est toujours le même plaisir de se retrouver face à la nature.

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Je parle à la lune, à voix haute, je vide mon sac. J’ai l’impression qu’elle me surveille, qu’elle m’accompagne. Je ne me sens jamais seule dans ce périple, en sécurité. Puis très rapidement, je me sens pleine, heureuse, calme et sereine. En fait, tout est en train de s’aligner. Puis, je m’écoute respirer, les feuilles des arbres bouger, il n’y a pas un chat ! C’est vraiment exceptionnel d’être là, dans la nuit, de rouler… Je prends mon pied !

Je fais une enième pause pipi, puis oublie ma lampe ventrale Kalenji posée sur le côté… Et mince ! J’espère que celui qui la trouvera en fera bon usage… Faudra surtout pas que ça m’arrive avec la crème Assos !!!

Vers minuit, je prends la voie cyclable jusque lacanau, la route est belle, je traverse des forêts et des forêts, je me sens bien, j’adore !

Jusqu’à 2h, tout se passe merveilleusement bien puis arrive la fatigue… et le froid… Je me dis qu’il faut que je préserve mes forces alors je m’installe dans un hall de Banque, chauffé et lumineux ! Quel pied ! Dans ce genre de situation, un hall d’entrée est un palace de luxe pour la cyclo touriste que je suis… 2 petites heures après, je suis requinquée… Il faut repartir car une trop longue pause rend les choses plus difficiles… Ah ! Ne pas oublier de cremer les fesses toutes les deux heures… Oui, mon derrière commence à sentir les heures de selles imposées…

Je mange correctement, et j’arrive à bien détendre mon haut du corps (au Paris Brest Paris, j’avais souffert des cervicales à force d’être trop crispée!)… Je m’arrête toutes les heures pour repasser en position « debout » et l’espace de quelques secondes m’étirer le dos.

Mais je ne bois pas assez… Vraiment pas assez. Mais les bidons sont gelés, et boire me « brasse » un peu le bide alors… Je mange, gels, barres, compotes… D’ailleurs merci à Johann de Destination Vélo pour les tests Isostar car elles sont très bonnes ! Mi compotes, mi gel, la texture semi épaisse me convient parfaitement. Quelques dattes et abricots… et c’est reparti !

Mais le froid est terrible cette nuit… Je tiens bon mais je commence à fatiguer… Il est 6h… Je regarde les maisons que je passe, et j’envie le confort d’un bon lit, je pense au feu de cheminée… Je prends de longues lignes droites et c’est un passage ou il y a peu de villages… impossible de s’arrêter ici, il fait trop froid… Il me faut un hall de banque encore, un peu de chaleur… Je ne sens plus mes doigts ni mes pieds, mes cuisses sont congelées et je n’arrive pas à me réchauffer… Le sol est blanc et malgré le papier journal sur le torse, je sens que je dois faire une pause. Je me dis que j’irais sonner chez des gens s’il n’y a rien au prochain village…

Finalement allélouya, un village, un hall de banque près de Parentis ! Je m’installe sur le siège. Mes doigts me brûlent énormément ! C’est douloureux car ils se réchauffent et la différence de température ne leur fait pas plaisir ! Je vais devoir prendre mon mal en patience… Une petite pause à nouveau pour retrouver des forces… C’est le directeur d’agence vers 7h30 qui me mettra dehors « Qu’Est-ce que vous faites là ?? Les clients vont arriver! Sortez immédiatement! »… Il m’a prise pour une clodo je crois… De toute façon il faut que je reparte alors ça tombe bien..

Me revoilà sur le vélo, mais la fatigue et le froid sont toujours là. Je rêve d’un thé bien chaud et d’un pain au chocolat ! Oui, ça, ça me fera du bien ! Je trouve finalement un petit village vers 8h30 où me poser et prendre mon thé… Miam, une petite brioche, une tresse au chocolat… Le soleil ne se lèvera pas ce matin, tout est blanc et le froid est toujours là… Vers 11h, j’émerge enfin, mon corps a accepté l’idée qu’il n’y aurait pas de vraie nuit. Mais j’ai pris du retard avec toutes ces pauses, et je perds beaucoup de temps à trouver mes directions. Qu’importe ! Je suis là pour avancer à mon rythme. Je suis là et je prends le temps qu’il me faudra.

Je roule jusqu’à Mimizan où je perds 1h à trouver la fameuse piste cyclable ! Cette dernière est chouette, mais les aiguilles de pins et les brindilles jonchent le sol… J’ai beaucoup de chance de ne pas crever un pneu !

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Les odeurs me rappellent les vacances à la faute s/ mer chez mes grands parents, les pins, le sable, la mer… Je suis bien, je suis toujours sereine. J’ai mal au dos, aux fesses surtout, mes cuisses sont lourdes mais ça va, je gère ma vitesse et mon énergie.

Arrivée à la plage des conchis, il est 12h et j’ai faim. Rien d’ouvert, dur…. Tout est saisonnier, rien d’ouvert en février…

Je déciderais finalement de ne pas prendre les pistes cyclables pour revenir sur la route des lacs et ainsi trouver de quoi me restaurer. Petit détour à nouveau…

Arrivée à 14h, j’ai peur que le resto ne me serve plus mais devant ma petite mine fatiguée, la dame accepte. Une brandade de morue, voilà ce qu’il me fallait ! Bon, ce n’est pas léger, mais c’est ce dont j’ai envie ! Un thé à la menthe… Et je suis requinquée pour la suite !

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Punaise, je ne suis plus très loin, après tant d’heures d’effort… Les villes s’enchainent, j’ai hâte d’arriver… Je reconnais des coins que j’ai vu si souvent… L’arrivée au lac d’Hossegor me provoque une joie immense… Je ne suis plus très loin…

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Puis Labenne, Tarnos, Bayonne… et enfin… Biarritz… Mon dieu je l’ai fait ! Quel bonheur ce panneau ! Il fait nuit et ça roule fort sur les routes mais je m’en fous, je suis arrivée à destination ! Je suis fatiguée mais heureuse, mes jambes sont bourrées de lactique, mes genoux me demandent d’arrêter enfin mais je suis si calme à l’intérieur.

J’étais venue pour l’aventure, pour me perdre en chemin, trouver quelque chose, des signes, des réponses. Puis finalement, c’est le calme et la paix que j’ai trouvé. Le bonheur aussi, de faire quelque chose qui me plaît, de la manière qu’il me plait. Accepter ma différence, la vivre pleinement et la partager avec bonheur. Nous sommes ce que nous sommes, avec nos projets et nos envies. Je pensais que j’aurai ouvert des valises à laisser en chemin, mais ça je l’ai finalement déjà fait en Ecosse… Reste cette joie immense de m’être trouvée, simplement.

 

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