Voyage à Compostelle pour une nuit…pleine de sens.

Cela faisait bien longtemps que j’avais envie de me lancer sur les chemins de Compostelle, mais souvent nous pensons à tord qu’il faut plusieurs mois pour parcourir le chemin en entier. J’étais de ceux là. Puis j’ai décidé qu’il était urgent de réaliser ses rêves et qu’il ne fallait pas s’attarder à des détails insignifiants. Prenant mon envie à deux mains je décidais de rallier Niort à Saintes par la voie de Compostelle!

15h, le grand départ, en silence.

C’est vers 15h que je prends la route à pied, non sans émotion. J’aime ces rencontres avec moi-même qui m’apportent tant sur le plan émotionnel et spirituel. La veille, j’avais peu dormi et je prenais la route un peu fatiguée. Mais qu’importe, malgré les doutes, j’étais en route, c’était ça le principal. A vrai dire, peu m’importait d’être sur le chemin de Compostelle, ce qui comptait le plus pour moi, c’était de me mettre en chemin. Le symbole, c’était la coquille.

Rapidement je constate que la valse des voitures est incessante. Je m’en moque car je pars avec David Lebreton, « éloge des chemins et de la lenteur ». Je le dévore littéralement deux heures durant. Mes joues frigorifiées ne peuvent s’empêcher de sourire à chaque phrase, chaque page lues.

Le vent claque sur mon visage, je trouve des pages de livre sur le bord de la route. Je les lis, souris, les repose. Peut être quelqu’un d’autre les trouvera t elles? Peut être cette personne y verra t elle du sens?

La marche est rythmée, je maintiens mon 5-6km/h… j’apprécie la lenteur du moment. Et toutes ces voitures qui voient le présent défiler à toute allure. Moi je suis bien ancrée dans le moment. Je ne les envie pas !

J’observe les arbres, je renifle les odeurs de vache, j’entends les chiens aboyer et surtout j’entends le silence. Mon corps ne veut plus s’arrêter, il me dit « tu es en Vie, tu vas de l’avant ». Tous mes sens sont en éveil. J’avais oublié à quel point nous les écoutons peu.

J’imagine que je suis intime avec David et que nous philosophons sur la Vie et nous rions. J’ai l’impression qu’il me dit que je dois continuer, transmettre, foncer. Je ressens pleinement ses mots posés sur ce papier que je tiens fermement entre mes mains. J’ai l’impression de recevoir un message puissant. Je me sens toute petite. Je me sens chanceuse.

Quoi? Vous ne vous racontez jamais d’histoires ? C’est bien dommage car c’est agréable.

« La marche libère des contraintes d’identité » je ne pense vraiment plus aux tâches du quotidien, à qui je suis sensée être dans notre société actuelle. Tout le monde me trouve tantôt bizarre tantôt formidable. Ils s’accommoderont bien de ça : je n’ai que moi à leur offrir. Les heures défilent et vers 18h, j’anticipe le coup. Ce soir il faudra manger. Je m’arrête acheter un sandwich dans une boulangerie. L’homme, interloqué me demande si je suis « un pèlerin de Compostelle ». Je lui répond que oui, il m’offre une petite brioche pour m’encourager. « Je suis un peu croyant. J’aurai aimé le faire mais j’ai des problèmes de genou ». Sa gentillesse me touche sincèrement. L’univers peut être beau. Si, c’est forcément comme cela, quand on va puiser ce qu’il y a de meilleur chez les gens. Et puis le moment’ de manger est toujours le moment de félicite du marcheur, sa récompense, ça et un bon lit douillet.

La nuit tombée. Éveil des sens.

J’adore la nuit. Il se passe toujours quelque chose de spécial, mon cerveau est en ébullition. Il faut froid, parfois même je tremble, Alors je me remets à courir pour réchauffer mon petit corps qui commence à s’endormir. La fatigue pointe le bout de son nez. Pourtant, je n’arrive pas à détacher mes yeux du ciel. Pas un nuage à l’horizon, les étoiles brillent de mille feux (dommage les phares de voitures aussi!). J’aime ces nuances de couleurs, j’arrive à deviner des avions qui vont je ne sais où. Ma quête de voyage est totale.

Je marche encore, il est bientôt minuit. C’est la ville de Saint Jean d’Angely qui m’accueille, avec la fameuse coquille de Compostelle. Le froid est devenu prenant, comme si mon énorme doudoune et mes nombreuses sous couches n’existaient pas. Je fatigue et décide donc de me réfugier dans mon endroit préféré et à l’abri : les halls de banque ! Me voilà parti pour une petite pause. Je prends une heure et demi pour bien me reposer. Mais lorsque je tente de repartir, impossible de me réchauffer, même en trottinant. Les voitures sont devenues blanches, le froid est glacial. Je retourne une heure encore dans mon hall de banque, ma tanière de la soirée. C’est finalement vers 4h du matin que je prendrais la décision de rentrer sur Niort. 50km tout rond auront été parcourus, quelle belle distance ! Un soir d’hiver, le vent glacial sur mes joues, mes yeux à demi clos, le mouvement lancinant de mes hanches telle une mécanique qui ne s’arrête plus. Je ferme les yeux, j’ai fait le premier pas. Reste à compléter ce voyage, tel qu’il me le plaira. Compostelle de mon cœur.

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