Et si être sportif, coureur, c’était se libérer de son corps?

En retournant sur les bancs de la FAC, je me suis rendue compte à quel point les jeunes femmes pouvaient cacher, camoufler, ou bien ostenter leur corps. Le regard que l’on peut porter sur soi, sur son propre corps, nous vient d’une construction lointaine : de notre enfance à notre adolescence, avec notre famille, nos amis, en passant par les médias et les stéréotypes, nous nous imposons souvent beaucoup pour nous-même et notre corps. Nous ne nous laissons pas vivre vraiment.

femme libre

Les médias nous impose des stéréotypes

Depuis quelques années déjà, je n’ai plus de télévision chez moi. Je me suis rendue compte à quel point cela pouvait abimer ma liberté d’être. L’information transmise, notamment à travers les stéréotypes de beauté, nous renvoie sans cesse à ce que nous ne sommes pas et surtout ce que nous ne serons probablement jamais.

Alors comment retrouver ce sentiment d’être soi-même, car comment peut-il en être autrement? Comment accepter ce corps que l’on mutile par les régimes et les  pulsions diverses, que l’on maltraite aussi par le stress ou la vie quotidienne trop rapide?

J’ai constaté que les jeunes femmes de FAC de sport semblaient plus à l’aise avec leur corps : se mettre en tenue de sport, ne pas montrer de signes de dégoût pour soi-même, ou d’insatisfaction, ne pas se cacher… Tout un tas de petits signes qui me montrent que la pratique sportive doit avoir un impact sur la manière dont nous nous percevons.

Pour autant, que penser de ces personnes « addicts » au sport, qui veulent justement modeler ce corps, façonner, rendre « beau » comme dans ces pubs justement ? N’y a-t-il pas un paradoxe certain? Alors que nous sommes sensés ressentir pleinement notre corps et lui envoyer des endorphines, nous libérer du quotidien pour prendre un moment pour soi…

La vrai liberté du corps et de l’être : le lâcher prise, la lenteur

Dès lors que l’on envisage le loisir sportif comme un nouvel objectif académique, comme un nouvel objectif de réussite, ne perd-t-on pas toute liberté d’être ? Je crois que c’est là le point le plus important. Lorsque j’ai pratiqué la compétition au niveau national, je n’ai jamais été aussi prisonnière de mon corps, de mes chronos,  de mon obligation de réussir (et j’insiste sur ce terme), d’avoir un corps modelé et parfait. Je n’ai jamais été aussi insatisfaite et frustrée.

Que s’est-il passé pour moi? A vrai dire, je crois que c’était le moment. Le moment où je pouvais accepter d’aller à ma propre vitesse, vite quand je le souhaite, lentement lorsque j’en ai envie. Voilà la vrai liberté, voilà comment rendre notre corps libre dans cette pratique sportive. Une sorte de lâcher prise.

Et cette liberté m’a apportée beaucoup de réponses : acceptation de soi, estime de soi, plaisir, bonheur. J’ai découvert que j’étais une Femme. J’ai appris à devenir une Femme, à m’aimer telle que je suis, à m’accepter telle que je suis, et telle que je serais dans 10/20/50 ans également. J’ai appris le silence, j’ai appris à écouter les bruits intérieurs.

marche

J’avais en tête cette phrase de Kilian Jornet qui disait « Pourquoi marcher quand on peut courir? ». J’ai toujours pensé qu’il avait raison. Aujourd’hui, même si j’apprécie cet athlète, je me rends compte à quel point il a tord. Il y a dans la lenteur une possibilité inouïe d’apprécier la vie vraiment. Je n’avais jamais compris ce que signifiait la marche vraiment. Aujourd’hui, j’en ai mieux compris le sens je crois.

Nous ne nous connaitrons jamais vraiment, mais nous pouvons toujours essayer. C’est probablement cette incertitude qui fait la magie de la vie : nous ne savons jamais ce qu’elle nous réserve mais nous pouvons décider de l’influencer positivement.

Formidable expérience. Être disponible pour cette formidable expérience.

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3 réflexions sur “Et si être sportif, coureur, c’était se libérer de son corps?

  1. Food & Art sans blabla dit :

    Bonjour,
    Tout à fait d’accord avec toi, le regard que l’on porte sur nous-même vient de l’enfance et de l’adolescence comme nos points de vue sur certaines choses, tout cela vient du passé… Pour avancer, on peut ré-apprendre à se connaitre, voir les éléments déclencheurs, voir nos failles et se rendre compte que cela vient de notre passé pour s’en libérer.
    Merci pour ton article,
    Jessica

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