L’arrivée de la diagonale des fous

Cette nuit j’ai repensé à la diagonale des fous. J’ai repensé à l’arrivée sur le stade de la redoute. J’ai repensé à la solitude et à la plénitude.

Je vous raconte pourquoi.

J’étais partie avec mon père, celui ci s’était senti comme une mission de m’accompagner, pour que je ne me retrouve pas seule. La vérité c’est que je suis rarement seule lorsque je suis avec moi-même. Il m’arrive pourtant bien souvent de me sentir seule avec les autres.

Ce matin là, après une dernière nuit éprouvante, je lui envoyais un SMS vers 7h du matin « j’arrive vers 10j ». Le délai semblait raisonnable. Pourtant je savais bien qu’il ne serait pas là. Au fond de mon cœur, je le savais. J’ai pourtant cherché sa présence en arrivant près du stade… tout le long de la dernière ligne droite, jusqu’à me résoudre. Je passerai bien cette ligne d’arrivée seule.

Je crois que j’ai réalisé à ce moment là que j’attendais tellement de choses de lui, qui n’arrivaient que très peu souvent. En fait il avait une autre conception de la Vie et des choses importantes. Pouvais je vraiment lui en vouloir d’être différent ? Moi qui passait mon temps à n’attendre qu’une seule chose de mes amis : qu’ils m’aiment telle que je suis. Pourquoi n’arrivais je pas à laisser mon père exister tel qu’il est ? Au fond, ne lui demandais je pas d’être un autre ?

Je lui disais bien évidemment que ce n’était pas grave, que ce n’était qu’une course parmi d’autres. Bien sûr que je mentais. Ce dilemme ne concernait que moi. Je n’avais que quelques choix : l’accepter comme il était ou ne pas l’accepter. Que devais je faire de ces sentiments qui me culpabilisaient mais me rendaient triste également ? Étais ce si terrible de demander un brin d’attention ? De tendresse ? De marque d’affection ? Peut être avions nous simplement un langage différent? Pourquoi voulais je absolument qu’il soit à mon image, à mon langage ?

Alors ce matin là, je compris que nous étions nous les hommes si différents, que rien ne nous imposait de nous aimer dans cette différence, de nous côtoyer. Le minimum que nous pouvions faire sur cette terre, et par bienveillance pour l’être humain, c’était de reconnaître cette différence et de la laisser exister. Pour tous les autres sentiments qui pouvaient m’accabler, cela ne concernait que moi et moi seule. Alors je pouvais décider de vivre avec cette tristesse, ou simplement de la laisser partir. Je décidais de la laisser partir pour cette fois, jusqu’à la prochaine, jusqu’à ce que mon cœur soit en paix.

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