Défi Marandais : le récit de Claire, ironwoman

Claire vient également de Montauban… enfin, à côté. Elle est diététicienne nutritionniste et s’est passionné pour le Triathlon depuis quelques années. Sportive accomplie, elle est venue réaliser son premier ironman au défi Marandais Et nous raconte !

Son récit :

Defi Marandais : L’ultra Triathlon 2018 : Comment dire …j’ai voulu faire court mais je n’ai pas réussi … Impossible de résumer cette journée en quelques lignes !

Alors tant pis, je publie pour les courageux qui veulent lire :p

J’ouvre les yeux, je prends mon téléphone pour regarder l’heure : 5h50 … Mon dieu !! Je suis censée partir à 6h10 de l’appart ! Le cœur à 300 à l’heure, je panique, j’ai du mal a respirer ….

Et là …. le réveil sonne ! Ouff ce n’était qu’un rêve ! Il est 4h30, tout va bien. Ptit Dej, couettous, vérification des sacs, pression des pneus … TOUT est OK, GO ! J’ai tellement H TE !!

Je rejoins le reste du groupe au départ. Nous sommes une dizaine à venir accompagner “ces grands fous au cœur immense” qui attaquent leur 5ème et dernier Ironman. Je les regarde admirative. Je me dis qu’à côté d’eux et quoi qu’il arrive, aujourd’hui, je n’aurai pas le droit de me plaindre.

Sur le départ, l’ambiance est détendue et chaleureuse.

Valentin Vincette nous raconte dans les moindres détails le parcours natation. Après 4 jours et 16 tours, il connaît l’immatriculation de chaque bâteau :p ! Je n’ai aucun stress. Juste pressée de me jeter à l’eau après une petite photo de groupe.

La natation

6H45 c’est parti pour 4 boucles de 950m dans le canal. L’eau est bonne. Pas de traditionnelle « machine à laver » au départ, chacun part à son rythme. Je me sens super bien, je cale mon rythme. Je n’ai personne devant, alors pour me tirer je m’imagine à l’entraînement faire la course avec les copains. L’odeur de pain grillé qui flotte dans l’air au niveau du demi-tour me chatouille les narines. A la fin du 3ème tour, je rigole toute seule en m’imaginant Matthias (le coach du club) dire “allez on a fini l’échauffement…” :p. Sur la dernière ligne droite, j’aperçois papa sur la berge. Il est équipé pour partir avec moi sur le vélo. Ça me redonne un coup de boost ! En sortant de l’eau, je regarde ma montre : 1h07’ ! Trop heureuse car je m’étais fixé 1h15.

Le vélo

Changement de tenue. On me dit de me couvrir au départ car il y a du vent. Je décide donc d’enfiler les manchettes …. Avec les bras mouillés … un RÉGAL !! Je galère un peu beaucoup mais je m’en sors ! Tout ça pour les retirer au 2ème tour ^^ …

C’est parti pour 11 tours de 16,3 km. Mon papa est avec moi et je suis sur mon vélo, autant dire que tout va bien ! Je lui demande de rester derrière, car même si c’est une aide psychologique je ne veux pas d’aide physique.

Nous voilà donc partis sur ce parcours. Petit vent de face à l’aller, dans le dos au retour. Sur les premiers km, je reste droite pour évacuer l’air qu’il me reste de la nage et éviter le point de côté. Au premier demi tour, je sens que c’est bon, je me mets en position d’attaque, et GO ! Je me sens très bien, je me régale ! Au départ je ne croise que deux cyclistes qui font l’IM en relai. Je m’accroche pour essayer maintenir la distance avec eux, mais ils vont quand même un peu plus vite que moi ^^. On enchaine les tours. Mon père me dit “euh c’est normal, j’ai l’impression qu’on est déjà passé par ici non ?!”.

Je prends mes petits repères sur le parcours : le champ avec les beaux coquelicots, celui avec la “bonne odeur de campagne”, le château d’eau, le goudron brûlé ou encore le fameux “repas couscous avec apéro gratuit” des producteurs locaux 🙂

Puis j’aperçois au loin la moto ouvreuse et le peloton derrière. Je suis heureuse de les voir ! On se fait coucou et on s’encourage mutuellement à chaque tour, ça fait du bien !

Malgré ma montre qui, en mode éco, m’arnaque les km et mon compteur vélo qui ne marche plus, je suis plutôt régulière :30 min le tour. Je me dis que si je reste la dessus je vais mettre 5h30 alors que je m’étais fixé 6h ! A chaque passage au stand, Maman, Papa, Paulo et Marine sont au top : eau, boisson énergétique, barres, photos, vidéos … Je repars gonflée à bloc par leurs encouragements à chaque fois.

Au milieu de quelques herbes, je fais une petite pause pipi à mi-parcours. Puis je repars rapidement, une brindille dans la chaussure, mes bracelets aux poignets et toujours le sourire au lèvres. Qu’est ce que j’aime le vélo !

Je mange et je m’hydrate correctement. Je me régale avec mes petites “crêpes aux nouilles/jambon” maison. Le top pour changer un peu des barres et faire le plein de sucre lents avant le marathon !

Mon frère prend le relai pour m’accompagner. Dès son deuxième tour il me sort ““euh c’est normal, j’ai l’impression qu’on est déjà passé par ici non ?!” (tel père, tel fils ^^ !) On papote, on rigole et on pédale. Mais le vent s’est sacrément levé, et le trajet aller devient plus dur ! C’est le moment d’assumer mon surnom de Pumba et de faire parler les cuissots :p !

Dernier tour, une dernière fois le château d’eau, dernière chance pour l’apéro/couscous gratuit … non tant pis, sans regret ! Je profite des derniers instants, sachant que les prochaines heures seront surement moins fun. Je croise une dernière fois le peloton que j’encourage. Je prends toutes leurs ondes positives car je sais que je ne les reverrai pas avant quelques heures, ils vont me manquer. Je fini en 5h36, ce qui me fait 32,2 km/h de moy 🙂

La course

Je prends le temps de me changer complètement pour être à l’aise en courant. Short mouillé, vaseline aux points stratégiques, bandeau sur la tête et crème solaire, c’est parti. Mon frère me prête sa montre car la mienne n’est plus suffisamment précise. Un petit km pour rejoindre le parcours le long du canal. Au départ, je crois partir pour 16 boucles de 2.8 km. Je fais vite mes petits calculs en courant et je me rends compte que ce n’est pas possible. Je demande aux bénévoles qui me disent qu’il y a 14 tours. COOL !

Les ravitos officiels sont encore sur le parcours vélo mais pas de problème j’ai mon assistance personnelle :p Pause casse-croûte bien méritée pour eux mais à chacun de mes tours ils m’encouragent et me donnent ce dont j’ai besoin. C’est un peu dur car nous ne sommes que deux sur le parcours avec le coureur du relai. On s’encourage régulièrement et à chaque tour Stéphane, qui a fait la natation du relai, nous donne notre chouchou. Il s’étonne que je ne demande pas d’eau ni rien. “Non non, t’inquiète, je ne suis pas une surfemme , j’ai mon ravito perso de l’autre côté ^^.”

Il fait un peu chaud et, contrairement au vélo, le vent est très appréciable ! Sur les 14 premiers km, je suis contente, je tiens mon allure prévue. Mais un gentil point de côté vient me rappeler que ça ne sera pas si simple. Je descends donc d’1 km/h. Ca passe mais il reste menaçant et je ne peux pas accélérer.

A mi-parcours je commence à sentir ++ mes genoux. Je sais que c’est maintenant que le plus dur commence donc je ne laisse pas la douleur prendre le dessus. Mon papa fait un tour avec moi en vélo puis continue en courant. Paul se joint à lui. A partir de là, rien n’est plus pareil. Mon esprit s’échappe, on papote, on rigole… je passe les 25 km, je n’ai jamais couru plus. Mais tout se passe bien, mes genoux me font savoir qu’ils sont bien là, le point de côté est sur le qui-vive mais ça va. Je sais que je ne ferai pas moins de 4h mais peu importe, aujourd’hui l’essentiel n’est pas la.

Les bénévoles et le reste du groupe arrivent petit à petit. Tellement heureuse de les voir ! Je check dans la main d’Eric Tri sous nos belles couleurs du TCM. Il attaque aussi la plus dure partie mais je sais qu’il ira au bout ! Marion Delas, Jerome Favreau et Erwan sont là, le sourire scotché aux lèvres ! Je ne vois pas Valentin mais je comprends que le pauvre ne pouvais vraiment PLUS courir. Il est quand même là au ravito pour encourager tout le monde ! Je croise aussi Florence Guégan, Philippe et toutes ces personnes dont je ne connais pas le nom mais qui, le temps d’une journée, deviennent si importantes. Un regard, un mot, un sourire,… les encouragements sont sincères.

Les tours passent, passent . Marine se joint à nous en vélo, maman le reporter se repose. Les chouchous commencent à faire garrot à mon poignet, ça sent bon :p. On me dit que je ne ferai pas l’arrivée au stade car il n’y a personne, je ferai juste un demi tour de plus. Je suis contente !

Dernier tour, mon père me dit : “tu vois ce panneau demi-tour, et ben tu le verra plus !!” je tape un grand coup dessus et je repars ! C’est bientôt fini, je n’en revient pas. Tout le monde me dit “ ça sent la fin !”

J’enfile le T-shirt de “vaincre la muco” pour l’arrivée. J’essaie de profiter de chaque instant. Me remémorant toutes ces heures d’entraînement et tous ces sacrifices. Tant pis pour le point de côté, j’allonge la foulée pour finir correctement. Les bénévoles m’applaudissent et me félicitent. Ils méritent les mêmes félicitations que moi.

J’arrête mon chrono : 4h20 pour le marathon, 11h21 au total ! Contrat personnel rempli 🙂

Énorme câlin familial ! L’émotion est immense mais je ne réalise pas ! “La réussite c’est la fierté dans le regard des gens que l’on aime”. Cette phrase prend tout son sens pour moi à ce moment là. Ils n’imaginent pas l’importance de leur présence aujourd’hui.

J’ai même le droit à un massage par un kiné bénévole en arrivant. Le top ! J’en profite pour relire la conversation Whatsapp que maman a alimenté toute la journée. Une tonne de messages de soutien et d’encouragements qui m’ont beaucoup touchée. MERCI à tous ! Ce fut une magnifique journée, pleine d’émotions, de sport et de leçons.

Ce n’était pas une course, juste un challenge avec moi-même, un défi pour la bonne cause. Le relever aux côtés de toutes ces belles personnes, de ces 4 champions et avec le merveilleux soutien de mes proches sur place ou à distance, c’était juste grandiose !

Nous avons du partir tôt le lendemain matin, mon seul regret est de ne pas avoir pu échanger plus avec le groupe le lendemain. Les féliciter pour leur prouesse, les remercier pour ces magnifiques moments et cette très belle journée. Mais ce n’est que partie remise ! RDV l’an prochain pour un nouveau défi !

“Tout seul je vais vite, ensemble on va loin, l’esprit d’équipe, comme un besoin” CGM

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